Bruxelles, 25/01/2007 (Agence Europe) - Venue souligner mercredi devant la commission des affaires étrangères du PE les « bons résultats du Maroc à l'Ukraine » de la politique européenne de voisinage (PEV), Benita Ferrero-Waldner a néanmoins insisté sur la nécessité de ne « pas surcharger » cet instrument, qui s'adresse à 16 pays du pourtour européen à l'est comme au sud.
A Ignacio Salafranca (PPE-DE, Espagnol), la Commissaire chargée des relations extérieures a indiqué que la Commission adoptera d'ici février ou mars une communication sur la coopération avec les pays de la mer Noire, incluant la Turquie et l'Ukraine, et d'ici mars ou avril une autre communication sur la gouvernance. Parmi les récentes propositions de la Commission pour améliorer la PEV (EUROPE n° 9320), figure en effet une facilité « gouvernance » dotée de 300 millions d'euros et qui vise à récompenser et à soutenir les pays de la PEV qui ont accompli le plus de progrès dans la mise en œuvre du programme de réformes convenu avec l'UE dans leur plan d'action. Des progrès sont donc à attendre sous Présidence portugaise sur ce point, a ajouté Mme Ferrero-Waldner. S'il y a « quasi équilibre » entre les pays de l'est et du sud au sein de la PEV, je ne pense pas que nous puissions en inclure d'autres, a-t-elle ensuite jugé, constatant qu'il n'y a « pas assez d'argent » et lançant aux députés: « Si vous pouvez (en) demander à vos gouvernements (…) je serais ravie ». Si on ne peut préjuger du futur européen de l'Ukraine, c'est d'ores et déjà non pour l'inclusion du Kazakhstan dans la PEV, a répondu Mme Ferrero-Waldner à Charles Tannock (PPE-DE, Britannique). « Oui le Kazakhstan est un voisin important, mais c'est le voisin d'un voisin », a-t-elle souligné, préférant s'engager avec ce pays sur la voie d'un autre accord spécifique. Et de lancer: « Je ne peux pas ouvrir la boîte de Pandore », car les demandes se multiplieraient, or les ressources, mais aussi les enjeux politiques, ne le permettent pas.
Le futur du Kosovo fera très prochainement l'objet de premières propositions de l'envoyé spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, qui seront ensuite débattues avec les parties prenantes (Serbes, Kosovars et communauté internationale) vers la fin février, a ensuite souligné Mme Ferrero-Waldner. A Marie Anne Isler Béguin (Verts-ALE, Française), qui s'interroge sur l'attitude de Moscou, inquiet de l'effet qu'aurait une décision non négociée et acceptée par Belgrade sur la situation d'autres régions en conflit (Géorgie par exemple), la Commissaire rappelle: « Nous réfutons l'argument en vertu duquel il y aurait un parallèle entre le Kosovo et d'autres conflits ».
Le partenariat entre l'UE et la Russie a beau être « une question prioritaire », c'est « une voie parfois semée d'embûches » et nous devons notamment « faire comprendre à la Russie, nos préoccupations en matière de droits de l'Homme », a aussi réaffirmé Mme Ferrero-Waldner. Et d'insister pour que le nouvel accord de partenariat et de coopération « reflète les principes de la Charte de l'énergie », à savoir transparence, réciprocité, mesures de coopération non discriminatoires. Au plan de l'énergie justement, il faut que l'UE coopère « tant avec les pays producteurs que les pays de transit, mais aussi avec les grands consommateurs et les grands émetteurs de gaz à effet de serre », a réaffirmé Mme Ferrero-Waldner.
Au Moyen-Orient, la Commission prépare des actions dans le cadre du mécanisme international temporaire (TIM), prévoyant notamment 35 millions d'euros de plus pour des allocations sociales aux Palestiniens, ainsi que d'ouvrir davantage de points de passage aux frontières, plus d'aides aux institutions, mais pas a priori pour les services de sécurité du Président Abbas, a précisé la Commissaire. Si des Etats membres et des pays arabes réfléchissent à cette possibilité, il est, selon elle, « difficile d'entrer dans le secteur de la sécurité » avec le TIM, qui porte sur les aspects civils.
« La Commission soutiendra totalement les sanctions (contre le Zimbabwe) si le Conseil le décide à l'unanimité », a enfin assuré la Commissaire. Les sanctions actuelles expirent en février et les Etats membres doivent se prononcer d'ici là sur leur éventuel renouvellement. (ab)