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Bulletin Quotidien Europe N° 9351
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/relations exterieures

M. Steinmeier espère que Belgrade comprendra les signaux de l'UE

Bruxelles, 24/01/2007 (Agence Europe) - Devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, Frank-Walter Steinmeier, a été soumis mardi à un feu nourri de questions de députés intéressés par les nombreux thèmes et régions du monde qui figurent parmi les priorités de la Présidence allemande (Politique européenne de voisinage - PEV -, politique de l'énergie, Iran, Proche-Orient, Irak, Turquie, Ukraine, Asie centrale, Amérique latine, etc.). Mais au lendemain du Conseil Affaires générales, le ministre allemand des Affaires étrangères a surtout été interrogé sur l'avenir européen de la Serbie (EUROPE n° 9349).

Serbie et Kosovo. Alors que les forces démocrates vont chercher à s'entendre pour former un gouvernement, M. Steinmeier s'est montré ferme sur le Kosovo, écartant toute idée de report concernant le statut. « Je ne pense pas qu'il y ait de possibilité de reporter davantage le processus » et « risquer de remettre le statut du Kosovo aux calendes grecques », a-t-il d'emblée assuré, rappelant que la présentation du rapport de Martti Ahtisaari pourrait intervenir dès le 26 janvier ». « Il y a des raisons d'espérer que de part et d'autre, il y a suffisamment de dirigeants politiques raisonnables pour éviter d'augmenter l'instabilité dans cette région », a jugé le ministre à propos des discussions entre Serbes et Kosovars sur les propositions. On peut attendre « un minimum d'acceptation de ces propositions », a-t-il espéré, en ajoutant: « Mon impression est que nous pourrons arriver à une solution à laquelle la Russie ne mettra pas son veto ». Plus généralement, « les développements qui se font jour, nous désirons les accompagner et nous n'allons pas ménager nos peines pour indiquer que nous tenons à la perspective européenne de la Serbie », a encore insisté M. Steinmeier, indiquant qu'une troïka de l'UE, d'abord au niveau des directeurs politiques puis, le cas échéant, au niveau ministériel, se rendra prochainement à Belgrade. Et d'estimer que « Belgrade comprendra bien les signaux », qui devraient inciter Tadic et Kostunica à collaborer en faveur d'une évolution stable du pays.

Proche-Orient. « Le Quartette doit reprendre l'initiative », car sans soutien de la communauté internationale, il n'y aura pas d'évolution de la situation en Israël et en Palestine. Il y a deux mois, je n'aurais pas parié sur la réussite de la relance, mais nous avons pu nous assurer du soutien de nos partenaires et la prochaine réunion aura lieu « le 2 février à Washington », a rappelé M. Steinmeier. Une telle réunion n'est bien sûr « pas une fin en soi », mais son format « donne un horizon politique maximal pour aborder le problème ». A Véronique de Keyser (PSE, belge), M. Steinmeier a assuré qu'il oeuvrerait afin que la méthode européenne pour régler ce type de conflit ressorte des discussions, mais sans en garantir l'issue. A propos de l'éventualité, évoquée de longue date, d'un gouvernement d'union nationale, le ministre a jugé: « Nous ne pouvons pas de l'extérieur imposer ce projet si les parties prenantes s'estiment incapables de le faire aboutir ». Pour la stabilité de la région, ce serait « une bonne chose », d'autant que l'autre option, celle de convoquer de nouvelles élections, est tout aussi aléatoire. A court terme, cela « ferait peser une lourde menace », car il n'est « pas sûr que l'issue du scrutin soit différente de celui d'il y a un an ».

Russie. Interrogé par Annemie Neyts (ADLE, belge) sur l'attitude de plus en plus rigide de la Russie au plan international, M. Steinmeier s'est demandé s'il n'y avait pas une « tendance à réagir de manière trop hystérique » et de « faire l'impasse sur des éléments raisonnables de ces questions ». Il ne faut « pas perdre de vue notre intérêt », c'est-à-dire que la Russie garde son orientation vers l'Europe.

Liban. « Message reçu », a-t-il répondu à Angelika Beer (Verts-ALE, allemande), qui, à l'avant-veille de la conférence internationale sur le Liban à Paris (voir autre nouvelle), lui recommandait de s'assurer que l'aide en faveur du pays ira bien aux victimes des bombardements. Je n'ai « pas la candeur de croire que la Syrie ne joue pas le moindre rôle » au Liban et il lui faut « cesser de s'immiscer dans le processus de décision interne », a dit le ministre.

PEV. Si certains jugent qu'il y a un déséquilibre entre partie méridionale et partie orientale de la PEV, M. Steinmeier estime au contraire disposer d'une politique « relativement équilibrée » (qui inclut l'Algérie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bélarus, l'Egypte, la Géorgie, Israël, la Jordanie, le Liban, la Libye, la Moldova, le Maroc, l'Autorité palestinienne, la Syrie, la Tunisie et l'Ukraine). « Oui, des difficultés existent mais l'UE ne deviendra pas un club fermé », a-t-il simplement indiqué à propos des perspectives d'élargissement futur, y compris à l'Ukraine. En Asie centrale, notamment au Turkménistan où des élections sont prévues pour désigner un successeur au dictateur Saparmourat Niyazov, l'UE ne peut ignorer qu'il y a une chance à saisir pour appuyer la démocratisation, mais il n'existe « pas de structure démocratique et on ne peut pas espérer l'émergence de dirigeants démocrates par génération spontanée ». Et d'exhorter: « Demeurons réalistes sur nos possibilités d'influer de l'extérieur ». (ab)

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