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Bulletin Quotidien Europe N° 9351
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commerce

« prudemment optimiste » sur l'issue des négociations de Doha, Peter Mandelson estime que le printemps sera décisif

Bruxelles, 24/01/2007 (Agence Europe) - Avant de rejoindre Davos, où il retrouvera ce samedi une trentaine de ses homologues pour convenir, dans le cadre d'une réunion informelle, d'une feuille de route pour boucler le round de Doha avant la fin de l'année (EUROPE n° 9348), Peter Mandelson a fait le point sur les négociations devant la commission INTA (Commerce international) du Parlement européen. Le Commissaire au Commerce s'est dit « prudemment optimiste » quant à une issue positive du round en 2007.

« Après une période d'incertitude suivant la suspension des négociations, il y a de nouveau de l'activité à Genève et, surtout, un engagement politique de haut niveau », a-t-il souligné, rappelant que, lors de la visite d'une délégation européenne à Washington conduite par le président José Manuel Barroso et lui-même, le président américain George W. Bush l'a assuré de son « engagement personnel » pour la conclusion heureuse du round (EUROPE n° 9340). « Nous entrons dans une nouvelle phase qui a de bonnes chances d'être décisive », a ajouté le négociateur en chef à l'OMC, répétant qu'il existe une « fenêtre d'opportunité jusqu'à Pâques ». L'expiration du Trade Promotion Authority, le mandat de négociation de l'administration américaine, « menace » et « sans son renouvellement par le Congrès américain, un accord n'est pas envisageable, voire impossible », a répété M. Mandelson, estimant toutefois que le contrôle du Congrès par les démocrates ne constitue « pas un obstacle ».

Pour M. Mandelson, la réunion de Davos doit dynamiser l'élan actuel et « donner le signal qu'il faut reprendre les négociations sur le plan formel (au niveau politique) dans un futur proche ». Estimant la coordination euro-américaine nécessaire mais « loin d'être suffisante », le Commissaire au Commerce a également appelé le monde des affaires à davantage donner de la voix en faveur d'une reprise des négociations. « Le round de Doha n'est pas uniquement un round agricole », a-t-il martelé.

C'est pourtant ce volet qui paralyse les négociations depuis juillet dernier. « Nous devons parvenir à un compromis équilibré entre la nécessité d'avancer de façon décisive en matière de libéralisation agricole à travers des réductions tarifaires, la réduction et la discipline des soutiens à l'agriculture qui génèrent le plus de distorsions des échanges et la nécessité de respecter les sensibilités agricoles raisonnables des membres de l'OMC, y compris celles des pays en développement », a estimé M. Mandelson, pour qui l'approche des pays émergents du G-20 est « le centre de gravité vers lequel les parties doivent se mouvoir ». « Si nous pouvons débloquer l'agriculture, alors nous serons en mesure de bouger sur tout le reste de la négociation », a-t-il poursuivi, expliquant, en outre, qu'aucun compromis final ne sera possible tant que le G-20 ne fera pas les offres « adéquates » en matière de libéralisation du commerce des biens manufacturés et des services.

Comme l'a répété mardi le directeur général de l'OMC Pascal Lamy (EUROPE n° 9350), « ce qui est déjà sur la table (depuis le début des négociations en 2001) est beaucoup plus ambitieux que ce qui a été fait lors des rounds précédents », a encore rappelé le Commissaire au Commerce, avant de rappeler qu'un échec du round entraînera la perte des avantages du système multilatéral et entachera sa crédibilité. (eh)

Paris campe sur sa position retranchée mais Berlin veut avancer

S'exprimant un peu plus tôt devant la commission INTA, la ministre française du Commerce Christine Lagarde avait réaffirmé l'opposition de la France à de nouvelles concessions agricoles européennes pour relancer les négociations. « Les chiffres qui ont circulé dans la presse depuis lundi sont improbables, et donc à chiffres improbables, mandat impossible », avait-elle martelé, en référence aux chiffres circulant dans la presse indiquant que l'Union pourrait accepter de baisser ses tarifs douaniers sur les produits agricoles de 54% (chiffre correspondant aux exigences du G-20) contre 39% dans l'offre de décembre 2005 en échange d'une diminution du plafond annuel des soutiens internes américains de 23 à 17 milliards de dollars (EUROPE n° 9348). Mme Lagarde a rencontré M. Mandelson un peu plus tard pour s'assurer « qu'il s'agit d'élucubrations ». « Le mandat de négociation qui m'a été octroyé est clair, je le suis de manière disciplinée », a toutefois assuré le Commissaire européen devant les députés.

Alors que, devant l'imminence d'un compromis euro-américain largement démentie par la Commission, la France multiplie les avertissements à l'égard du principal négociateur européen qu'elle s'opposera à toute nouvelle concession agricole, l'Allemagne, qui assure la Présidence du Conseil, clame haut et fort qu'elle fera tout ce qui est possible pour avancer. « Notre priorité, c'est Doha. Nous voulons tout faire pour assurer une reprise des négociations qui permettrait une extension possible du mandat de négociation américain », a assuré le secrétaire d'Etat allemand à l'Economie, Joachim Wuermeling, qui s'est lui aussi rendu devant la commission INTA mardi. L'Allemagne, qui dépend à 40% de ses exportations, en particulier vers les pays émergents, veut en particulier « une ouverture sur les marchés pour le secteur industriel et les services », a précise M. Wuermeling. (eh)

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