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Bulletin Quotidien Europe N° 9349
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/soudan

Le Conseil hausse le ton et presse Khartoum d'accélérer les préparatifs pour permettre le déploiement d'une force hybride UA-ONU - Appui prolongé à l'AMIS

Bruxelles, 22/01/2007 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le 22 janvier à Bruxelles sous la présidence de Frank-Walter Steinmeier, ont de nouveau examiné la situation au Soudan pour condamner avec la plus grande vigueur la poursuite des massacres au Darfour, et réitérer leur appel au déploiement d'une force hybride l'Union africaine/Nations Unies, dont Khartoum a, en son temps, accepté le principe.

Les conclusions adoptées expriment la vive préoccupation du Conseil à l'égard d'une situation qualifiée d' « absolument intolérable » au Darfour, tant sur le plan de la sécurité que dans le domaine humanitaire et en matière de droits de l'homme. S'il condamne les violations permanentes du cessez-le-feu commises par les parties au conflit, il dénonce en particulier les frappes aériennes de l'aviation soudanaise contre des cibles civiles, comme les bombardements des 29 décembre et 5 janvier sur des villages du nord du Darfour. Le Conseil précise qu'il « attend des autorités soudanaises qu'elles assument la responsabilité qui est la leur de protéger efficacement l'ensemble des citoyens et de mettre un terme à l'impunité au Darfour », et souligne que l'UE accueille favorablement la décision du Conseil des droits de l'homme des Nations unies de dépêcher une mission d'évaluation au Darfour. Rappelant qu'un processus politique ouvert à toutes les parties est l'une des conditions d'une paix durable au Darfour, le Conseil dit son soutien sans réserve aux efforts déployés par l'envoyé spécial des Nations unies Jan Eliasson et par l'envoyé spécial de l'UA, Salim Salim, pour relancer le processus politique. Aux parties à l'accord de paix au Darfour, comme aux non-signataires, il demande de s'engager de bonne foi sur la voie des négociations.

Prenant le gouvernement soudanais au mot, le Conseil prend note avec satisfaction de la lettre adressée le 23 décembre 2006 par le président Omar Hassan al-Bashir au Secrétaire général des Nations unies, et précise que l'UE attend du gouvernement soudanais qu'il contribue à l'achèvement des travaux préparatoires à la création d'une force hybride « sur la base d'une acceptation sans équivoque de la mise en œuvre intégrale des paquets de mesures d'aide des Nations unies, en faveur de la mission de l'Union africaine au Soudan, et en coopération étroite avec l'Union africaine et les Nations unies ». Le Conseil se déclare prêt à envisager « de nouvelles mesures, notamment dans le cadre des Nations unies, à l'encontre des parties qui s'opposeraient à leur mise en œuvre ».

L'UA et l'ONU sont, pour leur part, encouragées à accélérer les plans requis pour le déploiement de la force hybride. L'UE confirme que, dans l'intervalle, son action d'appui civilo-militaire à l'AMIS sera prolongée de six mois maximum, à compter du 1er janvier 2007. Le Conseil appelle instamment les autres parties et organisations à fournir un soutien financier et matériel supplémentaire à l'AMIS. Et pour cause: « En l'état actuel des choses, la Commission n'a plus d'argent », a expliqué à la presse Louis Michel, Commissaire au développement et à l'aide humanitaire. La situation est plus dramatique que jamais sur le terrain humanitaire et militaire. Où sont les autres bailleurs de fonds qui baillent plus qu'ils ne donnent ? », s'est interrogé le Commissaire, en évoquant notamment l'aide promise par la Ligue Arabe qu'il souhaite interroger à ce sujet lors de sa rencontre prochaine avec le Secrétaire général de l'organisation. (an/ab)

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