Bruxelles, 22/01/2007 (Agence Europe) - Bien que le Parti radical (SRS) reste la formation politique la plus représentée au sein du Parlement serbe, l'UE s'est félicitée du déroulement des élections législatives de dimanche. Si la percée des forces pro-européennes n'a pas eu lieu, ces derniers ont la capacité de former le prochain gouvernement, d'où la satisfaction des Vingt-sept, qui s'accommodent des premiers résultats. Réunis lundi, les ministres des Affaires étrangères ont souhaité voir le bon côté des choses, Frank-Walter Steinmeier et Olli Rehn insistant sur la perspective européenne du pays, mais sans s'avancer sur les prochaines étapes de ce parcours. Pour le ministre allemand, « les forces démocratiques s'en sortent très bien » et si les résultats du scrutin ne contiennent « pas de recette pour la formation du gouvernement », il y a des possibilités pour le pays de « maintenir le cap européen ». Le Commissaire chargé de l'élargissement a salué le fait que « les forces démocratiques réformistes qui partagent les valeurs européennes devraient être capables de former un gouvernement réformateur et pro-européen », « la Serbie peut certainement faire de rapides progrès en direction de l'UE ». MM. Steinmeier et Rehn ont annoncé qu'ils se rendront à Belgrade dans les prochaines semaines.
Avec 28,5% environ des suffrages, le parti de l'ancien paramilitaire, Vojislav Seselj peut espérer environ 80 sièges sur les 250 du Parlement, le SRS n'obtient toutefois pas de majorité suffisante pour gouverner seul. Le Parti démocrate (DS) du Président réformateur et pro-européen, Boris Tadic, arrive second avec près de 23% des voix, suivi par le Parti démocratique de Serbie (PDS) du Premier ministre, Vojislav Kostunica, qui obtient 17% des suffrages. Si le DS avait déjà exclu toute possibilité en ce sens, le parti de M. Kostunica ne s'était pas prononcé à ce sujet, mais une alliance avec les ultra-nationalistes du SRS semble peu probable. La formation d'une coalition dépendra des compromis que le DS et le PDS pourront trouver sur des sujets qui les divisent, comme la question du Kosovo. Sur ce point, l'échéancier est d'importance puisque le représentant spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, doit présenter, vraisemblablement au début février, ses propositions sur le statut.
L'UE pourrait ensuite prendre une position plus précise sur la relance des négociations de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA), qui dépend toujours de la « pleine coopération » de Belgrade avec le Tribunal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et reste « la condition du rythme et de la conclusion des négociations », a rappelé M. Rehn. Le prochain Conseil Affaires générales de février devrait consacrer un véritable débat politique à l'avenir des relations avec la Serbie, a estimé le Commissaire. (ab)