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Bulletin Quotidien Europe N° 9349
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/somalie

L'UE subordonne le financement d'une force de stabilisation à la poursuite d'un véritable processus de réconciliation

Bruxelles, 22/01/2007 (Agence Europe) - Le soutien financier de l'UE à la force de l'Union Africaine en Somalie (AMISOM) dépendra des progrès du dialogue politique, soulignent les conclusions du Conseil adoptées lundi. Les Vingt-sept estiment que toutes les parties impliquées dans les difficultés que connaît actuellement le pays devraient tirer parti de la dynamique actuelle pour dégager un accord politique viable. C'est là « la seule possibilité de stabiliser la Somalie », c'est pourquoi j'établis « un lien très clair entre le financement de la force de stabilisation et l'ouverture au dialogue », a déclaré Louis Michel devant quelques journalistes.

« La situation est loin de se stabiliser » et l'envoi d'une telle force ne résoudra pas à elle seule la crise somalienne, a commenté lundi le Commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire, qui subordonne un financement européen de cette force à la mise en place d'un véritable dialogue politique. Pour Louis Michel, « le gouvernement fédéral n'a pas montré de vraie volonté et d'engagement concret en faveur de la réconciliation et de l'ouverture du pouvoir », comme en témoigne la destitution du Président du Parlement transitoire somalien, Sharif Hassan Cheikh Aden (EUROPE n° 9346), le vote de la loi martiale ou la pression sur les médias libres. Reconnaissant qu'une force de stabilisation permettrait un départ rapide des troupes éthiopiennes, « il faut, avant de donner son accord sur le financement, que ce soit conditionné par un geste fort du gouvernement transitoire, qui va dans le sens de la réconciliation et du dialogue inclusif », a plaidé M. Michel. Et de s'interroger au passage sur l'opportunité pour l'UE de continuer à financer partiellement le per diem des députés élus au Parlement de transition somalien (à hauteur de 60 dollars par séance), alors que le fonctionnement même de cette institution transitoire n'est pas assuré. « Je pense qu'il est assez facile pour le Président (Abdullahi) Yusuf d'appeler à une très grande réunion » à laquelle l'ensemble des éléments représentatifs puisse participer, islamistes modérés y compris.

« Toutes les parties devraient tirer parti de la dynamique actuelle pour dégager un accord politique viable », indiquent en effet les ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui restent préoccupés par l'état actuel du processus de réconciliation. Ils demandent « instamment que les institutions politiques et la société civile recommencent dès que possible à fonctionner normalement » et invitent les institutions fédérales de transition à « régler leurs différends internes et à tendre la main à tous les Somaliens de bonne volonté dans un esprit de réconciliation nationale ». Dès lors « un processus politique inclusif et disposant d'une large assise sera à la base de la poursuite de l'aide internationale à la stabilisation », souligne le Conseil, jugeant qu'une telle force internationale, dont le principe a été arrêté par la Résolution 1725 du Conseil de sécurité de l'ONU, « contribuerait au fonctionnement d'institutions ouvertes à tous et au processus de réconciliation ». Principal bailleur de fonds à la Somalie, l'UE est prête à participer au financement de la mission AMISOM, à hauteur de 15 millions d'euros, « dès que les conditions nécessaires seront réunies, notamment une autorisation des Nations Unies », mais invite d'ores et déjà l'UA à « réfléchir à d'autres sources d'aide possibles en vue d'assurer le financement durable de la force de stabilisation ». (ab)

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