Bruxelles, 22/01/2007 (Agence Europe) - Malgré d'importants efforts diplomatiques, la Russie n'a toujours pas levé son embargo sur les viandes polonaises. En raison de la persistance de ce problème, la Pologne n'est toujours pas en mesure d'accepter l'ouverture de négociations sur un nouvel accord de partenariat entre l'UE et la Russie, qui doit comporter, en particulier, un important volet énergétique. Varsovie a l'intention de maintenir son veto sur le lancement de ces négociations tant que Moscou n'aura pas levé les mesures d'interdiction contre ses produits.
A l'issue d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, dimanche 21 janvier à Sotchi (sud de la Russie), la chancelière allemande, Angela Merkel, a concédé que le problème de l'embargo russe sur la viande polonaise n'était « pas réglé ». Elle a toutefois émis l'espoir d'entamer des négociations sur le partenariat UE-Russie avant la fin du premier semestre 2007. « On y travaille de façon intensive. On avance pas à pas et (…) j'espère que nous pourrons commencer les négociations (sur l'accord de partenariat) sous Présidence allemande et que nous aurons avancé lors du Sommet UE-Russie », le 18 mai à Samara, en Russie, a déclaré Mme Merkel, après s'être entretenue avec M. Poutine.
Un responsable du service vétérinaire de Russie a estimé, pour sa part, que le différend sur les importations de viande polonaise interdite en Russie était en passe d'être réglé, car les services vétérinaires russes vont pouvoir effectuer, en Pologne, des contrôles sanitaires dans les entreprises exportatrices. Le responsable russe a précisé que le problème ne pourra être définitivement résolu qu'après le résultat des inspections russes en Pologne. Et le responsable russe de justifier les mesures d'interdiction imposées: « le problème n'est pas seulement que nous recevons de Pologne une production de mauvaise qualité, mais encore que de mauvais produits de pays-tiers nous arrivent de ce pays ». Il a affirmé que la Pologne avait envoyé en Russie notamment du buffle indien interdit dans l'UE et en Russie, ou encore du porc chinois interdit d'importation en Russie pour des raisons vétérinaires.
Le Commissaire responsable de la santé et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, a rencontré vendredi 19 janvier le ministre russe de l'Agriculture, Alexeï Gordeïev, pour évoquer le problème de l'embargo russe sur les viandes polonaises. M. Kyprianou a donné des assurances écrites aux Russes que la Pologne respectait les exigences de l'UE en matière de sécurité des produits agricoles. La partie russe a indiqué qu'elle avait besoin de temps pour examiner les documents fournis par la Commission et qu'elle enverrait des experts pour enquêter sur le territoire polonais.
Mémorandum d'accord UE/Russie dans le domaine vétérinaire
Par ailleurs, l'UE et la Russie ont signé le même jour un « mémorandum d'accord » sur le commerce des produits d'élevage. Paraphé par Sergueï Dankvert, chef du service pour le contrôle vétérinaire et phytosanitaire de Russie et Paola Testori Coggi, Directrice adjointe du département « sécurité de la chaîne alimentaire » de la DG Santé et Protection des consommateurs, ce document prévoit des règles de certification des animaux et des produits animaux qui seront exportés par l'UE en Russie à compter du 1er janvier 2007. Cet accord garantit au gouvernement russe que les produits animaux de Roumanie et de Bulgarie respectent pleinement les normes sanitaires européennes et que seuls les produits sains originaires de ces deux nouveaux pays de l'UE seront commercialisés en Russie. Pour rappel, la Russie avait menacé d'imposer dès le 1er janvier 2007 un embargo sur les produits animaux de toute l'UE, estimant que les produits de la Roumanie et de la Bulgarie présentaient des risques pour la santé humaine et animale, à cause des foyers d'ESB, de peste porcine et de fièvre catarrhale enregistrés dans ces deux pays. « Nous pourrons garantir la sécurité alimentaire pour les consommateurs aussi bien européens que russes, et assurer un flux de marchandises ininterrompu entre l'UE et la Russie », a-t-il noté. Le ministre russe de l'Agriculture, M. Gordeïev, a signalé qu'en cas de violation, par la Roumanie ou la Bulgarie, des exigences sanitaires russes, Moscou décrétera des restrictions sur les livraisons de denrées en provenance de toute l'UE. (lc)