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Bulletin Quotidien Europe N° 9330
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/iran/euro

L'intention iranienne de remplacer le dollar par l'euro est un projet que la BCE ne veut « ni encourager, ni freiner »

Bruxelles, 18/12/2006 (Agence Europe) - La décision du gouvernement iranien de remplacer le dollar par l'euro dans ses échanges extérieurs et pour ses avoirs à l'étranger, annoncée lundi par le porte-parole du gouvernement, ne suscite pour l'heure aucun commentaire officiel de la Banque centrale européenne (BCE) où l'on relève que le sujet a déjà émergé avec les pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) et bien d'autres ensembles économiques régionaux.

L'annonce iranienne ne fait pas clairement référence à un changement de devise pour la fixation des prix du pétrole. La mesure prise vise seulement les transactions effectuées par le pays. Le ministre Elham indique que ce sont « les sources de l'étranger et les revenus pétroliers (qui) seront calculés en euros et nous les recevrons en euros pour mettre fin à la dépendance à l'égard du dollar ». Un porte-parole a déclaré que l'Iran « procèdera aussi à ce changement pour ce qui concerne les avoirs iraniens à l'étranger », sans préciser la nature des « sources de l'étranger » qui pourraient inclure aussi bien les revenus d'exportation que des sources de financement international. La mesure rappelle celle déjà prise par les Émirats Arabes Unis au plus fort de la crise (en 2003) qui les opposait à Washington qui refusait l'accès d'investisseurs émiratis au capital du groupe britannique P&O Ferries par la firme émiratie, Dubaï Port World. 10% des réserves du pays avaient alors été transformées en euros. La Syrie a fait de même, il y a plus d'un an, par « mesure préventive » alors que le pays, après l'Irak, se trouvait menacé d'une intervention américaine. Damas avait indiqué à l'époque que tous les ministères et les compagnies publiques devront désormais adopter l'euro à la place du dollar pour le remboursement des sommes dues par les organismes de l'Etat aux parties étrangères.

Sans le proclamer ouvertement, les pays du CCG, dans leur ensemble, partagent les soucis de leur Etat membre émirati mais n'ont pas encore décidé si, à terme, leur devise de référence devrait être l'euro ou leur propre monnaie commune qui figure parmi leurs projets d'intégration régionale même si le processus a subi de grands retards dans sa réalisation. La seule trace officielle se retrouve dans la demande adressée, en octobre 2002, par les gouverneurs des banques centrales des pays du CCG, invitant la BCE à prodiguer ses conseils pour faire de l'adoption de la monnaie unique du CCG en 2010 une réussite. La BCE avait promis une étude à ce sujet et a organisé des séminaires à l'intention d'experts de pays du CCG.

Pour l'heure, la BCE se borne donc à observer ce mouvement. Mais aucune information ni commentaires supplémentaires ne sont donnés sur ce dossier comme sur la décision iranienne de ce lundi. A Francfort, on rappelle que la BCE ne veut « ni encourager ni freiner ce mouvement » de remplacement du dollar par l'euro.

A la Commission européenne également, la prudence est de mise. En constatant qu'à ce stade l'annonce du gouvernement iranien n'était « pas très claire », la porte-parole du Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, n'a pas souhaité commenter les conséquences d'une telle initiative. « Nous n'encourageons pas l'utilisation de l'euro par des agents économiques hors de l'UE, mais la décision leur appartient », a-t-elle simplement précisé lundi devant la presse.

Le mouvement, s'il doit avoir lieu, doit rester libre, ajoute-t-on au siège de la BCE laquelle se borne pour l'instant à offrir son expérience et son savoir aux zones en voie d'intégration comme elle l'a fait en avril dernier avec les pays africains qui ont, pour une bonne partie d'entre eux, une monnaie commune. Le sujet fait partie de toutes les coopérations avec les pays tiers, précise-t-on. L'institut d'études euroméditerranéennes, FEMISE, structurellement lié au processus de Barcelone, encourage l'UE et les pays de la zone Euromed à s'engager plus concrètement dans cette voie. Dans son rapport 2005, il indique qu'une politique monétaire qui adopterait une devise commune ou qui ancrerait étroitement les devises MED à l'euro et non au dollar pourrait contribuer à « emprunter » de la crédibilité monétaire de la Banque Centrale Européenne, réduire l'inflation et les taux d'intérêt de la région MED et contribuer à attirer les investissements directs étrangers. (fb)

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