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Bulletin Quotidien Europe N° 9300
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/religion

Franco Frattini fait l'apologie du christianisme rationnel

Bruxelles, 06/11/2006 (Agence Europe) - Le Commissaire européen en charge de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité s'est récemment prononcé pour une Union européenne respectueuse des valeurs chrétiennes et de la raison. « Le christianisme n'est pas seulement la nostalgie d'un passé, mais une pensée vivante, qui veut être utile à la paix en garantissant la liberté et, en premier lieu, la liberté religieuse. Cette affirmation, d'une part, réduit la fracture avec le monde laïc, et, d'autre part, aide l'Europe de demain, car elle contribue à une identité européenne qui demande aux religions de définir leur rapport avec la liberté et la raison », a déclaré le 30 octobre M. Frattini dans une tribune du journal Libération. Selon le Commissaire, l'Europe s'est dans un premier temps affranchie de ses racines chrétiennes, n'osant que timidement se prononcer lorsqu'il s'agit de lutter contre l'antisémitisme ou, plus récemment, l'islamophobie, mais « Benoît XVI nous aiguillonne en rouvrant le débat sur le rapport entre la religion et la raison ( « Ce n'est pas religion et violence, mais religion et raison qui vont ensemble », affirme-t-il) ou lorsqu'il nous met sous les yeux le thème de la liberté religieuse et du statut politique de la religion dans la société ». Apparemment concerné par les paroles du Pape et la conférence de Ratisbonne, M. Frattini poursuit: « Poser le thème des racines chrétiennes revient aujourd'hui à lancer un triple défi: celui de notre identité européenne, celui d'un univers religieux qui s'affirme, celui d'un christianisme qui n'est pas seulement mémoire du passé mais, - en posant le thème de la liberté comme voie du dialogue, une partie de notre avenir ». Partisan d'une construction européenne identitaire, il estime qu'il ne faut pas ignorer « la dette que les principes et les valeurs de la modernité ont à l'égard de la tradition judéo-chrétienne » et que dans ce droit fil, « il est important, pour notre avenir, que nous parvenions à reconstituer cette mémoire (…) que nous nous réappropriions ce noyau partagé autour duquel et à partir duquel il sera possible de construire, dans l'ouverture, cette nouvelle communauté supranationale qui s'appelle l'Europe».

Devant de tels propos, le député Vert Daniel Cohn-Bendit (Allemand) s'en est directement pris à un « pape qui débarque pour un prétendu dialogue des cultures » et qui, à Ratisbonne, « célèbre le mariage, apparemment contre-nature, entre raison et foi chrétienne ». M. Cohn-Bendit a surtout pointé du doigt les relais dont le Pape bénéficie dans la sphère politique: « Des soldats en herbe de la foi prêchent déjà le permis et l'interdit, le politiquement correct ou non. Dans les traces de Sa Conquérante Sainteté, on cherche à réhabiliter le Dieu judéo-chrétien dans un TCE (projet de traité constitutionnel européen) ». Le député s'explique de cette diatribe en disant que « le catholicisme, comme toute religion, puisse séduire les hommes n'est pas en soi étonnant. En revanche, qu'une 'névrose collective' prenne de telles proportions et imprègne le discours politique, oui ». Le député s'insurge contre l'idée que l'Europe ait besoin de « référents stables » issus de visions passéistes ou communautaristes et leur préfère « le droit comme critère d'unification et principe régulateur du projet européen », même si, précise-t-il, c'est « un choix risqué ». (bc)

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