Bruxelles, 06/11/2006 (Agence Europe) - A la veille de la réunion extraordinaire du Conseil Emploi et Affaires sociales de ce mardi, exclusivement consacrée à la révision de la directive sur le temps de travail (voir EUROPE n° 9299), la France a fait savoir, par la voix de son Premier ministre, qu'elle ne « (pouvait) accepter en l'état » la proposition de compromis concoctée par la Présidence finlandaise. Dominique de Villepin demande la « mise en place d'un calendrier (….) à la fois crédible et ferme pour la disparition progressive de la dérogation » aux 48 heures hebdomadaires à laquelle recourent actuellement plusieurs Etats membres parmi lesquels le Royaume-Uni. Pour le Premier ministre français, qui a évoqué le dossier dimanche avec le président Jacques Chirac, l'objectif est clair: « fixer une durée de travail maximale, harmonisée en Europe ». « C'est une question (…) symbolique, emblématique pour l'Europe sociale, et les Français nous jugeront à la lumière des engagements pris dans ce domaine », estime M. de Villepin. Le ministre français délégué à l'Emploi, Gérard Larcher, a quant à lui estimé que la proposition finlandaise « vise à ce qu'il y ait une Europe à deux vitesses » et indiqué que la France allait déposer avec l'Espagne, l'Italie et la Grèce un amendement pour « fixer une date certaine, écrite pour la fin de la dérogation ». M. Larcher estime à onze sur vingt-cinq le nombre d'Etats membres en faveur de la suppression de la dérogation, ce qui constitue une minorité de blocage au Conseil. Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, considère que cette situation donnera aux pays formant la minorité de blocage « la possibilité de convaincre la Présidence de ne pas passer au vote et de demander des améliorations à ce texte ». En tout état de cause, les pays partisans de l'Europe sociale auront le soutien du Parlement européen, en faveur d'une suppression de la dérogation d'ici trois ans, ainsi que celui de la Confédération européenne des syndicats qui a fait état lundi de sa « vive inquiétude » quant à la proposition finlandaise de compromis sur la directive « temps de travail ». (ol)