Bruxelles, 06/11/2006 (Agence Europe) - 189 pays, réunis à Nairobi (Kenya) au chevet de la planète malmenée par le changement climatique, tenteront, du 6 au 17 novembre, de se mettre d'accord sur la mise en œuvre des engagements souscrits pour combattre ce phénomène appelant une réponse urgente, et sur l'intensification des efforts requis pour gagner le combat. Ce rendez-vous international annuel sur le climat
- le premier à avoir lieu dans un pays d'Afrique subsaharienne - s'organise en deux conférences parallèles: la douzième conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP12) et la deuxième conférence des parties au Protocole de Kyoto (COP-MOP2).
Les travaux se concentreront sur l'adaptation au changement climatique, et en particulier sur l'adaptation des pays africains et des pays en développement en général qui se trouvent être les plus durement frappés par le phénomène de réchauffement planétaire déjà à l'œuvre. Mais il conviendra également de dessiner les contours du futur régime international de lutte contre les changements climatiques impliquant le plus grand nombre de pays - y compris les pays émergents et les pays en développement -, pour la période post-2012 quand aura expiré le Protocole de Kyoto. Rappelons qu'au titre de cet instrument international, seuls les pays industrialisés sont tenus de respecter des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de six gaz à effet de serre (une réduction globale de 5 % par rapport au niveau atteint en 1990, et de 8% pour l'UE).
Investi du mandat de négociation que lui a confié le Conseil, Stavros Dimas, Commissaire européen à l'Environnement, participera au segment ministériel de la conférence du 15 au 17 novembre pour défendre, au nom de l'UE, la position récemment arrêtée par les ministres de l'Environnement des 25 lors du dernier Conseil Environnement (EUROPE n° 9293).
Dans un communiqué, le Commissaire déclare: « Le changement climatique menace d'avoir des impacts catastrophiques qui transformeront le monde dans lequel nous vivons. Les pays en développement, en Afrique et ailleurs, sont susceptibles d'être les plus durement frappés par le changement climatique. Pourtant, ce sont eux qui sont les moins armés pour y faire face. La conférence de Nairobi offre une opportunité importante de les aider. Nous devons faire des progrès concrets pour aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique, et à réussir ainsi à en réduire les risques. Le changement climatique est déjà là. Et il y a des signes de son accélération. Kyoto est une première étape vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais la communauté internationale devra agir avec beaucoup plus d'ambition après 2012. Bien qu'il soit trop tôt pour escompter des avancées majeures, la Conférence de Nairobi doit enregistrer des progrès dans l'obtention d'un consensus sur ce que devront être les prochaines étapes ».
S'agissant des pays en développement, l'UE souhaite que Nairobi débouche sur un programme de travail de cinq ans sur les activités liées à l'adaptation au changement climatique, et qu'un accord soit trouvé sur les modalités de gestion d'un nouveau Fonds d'adaptation de quelque 350 millions d'euros sur la période 2008-2012, afin que des projets concrets puissent démarrer dans les meilleurs délais. L'UE plaidera également pour que des initiatives soient prises en faveur d'une répartition globale plus équitable des projets de réduction des émissions mis en œuvre dans le cadre du mécanisme de développement propre du Protocole de Kyoto en vue de favoriser les transfert de technologies propres des pays industrialisés vers les pays en développement.
Pour ce qui concerne l'après-2012, l'UE espère que les discussions engagées depuis la conférence de Montréal (décembre 2005) entre les signataires du Protocole de Kyoto en vue de négocier de nouveaux objectifs, et le dialogue parallèle entamé entre toutes les parties à la Convention cadre des Nations Unies pour favoriser la coopération internationale à long terme permettront d'aboutir à un consensus sur un pacte global de maîtrise du changement climatique.
L'examen de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto, à l'ordre du jour à Nairobi devra être mis à profit pour optimiser le fonctionnement du mécanisme de développement propre et d'autres mécanismes de marché, tels que le système d'échanges de quotas d'émissions, dont l'UE envisage l'extension, en particulier au secteur de l'aviation.
Dans un communiqué, l'ONG environnementale Friends of the Earth International appelle les gouvernements de la planète à définir un programme de travail clair pour les négociations relatives à l'après- 2012, à se pencher sur toutes les questions du plan d'action de Montréal et à s'entendre d'urgence sur le Fonds d'adaptation qui financera des projets sur le terrain dans les pays en développement. FoE souhaite également que les gouvernements des pays riches augmentent leur contribution pour financer l'adaptation des pays moins développés. (an)