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Bulletin Quotidien Europe N° 9280
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/croatie

Mme Grabar-Kitarovic réaffirme que le calendrier d'adhésion de son pays ne doit pas dépendre des réformes institutionnelles de l'UE

Bruxelles, 05/10/2006 (Agence Europe) - La ministre des Affaires étrangères et de l'intégration européenne de la République de Croatie, Kolinda Grabar-Kitarovic, a rappelé jeudi l'engagement sans faille de son pays sur la voie de l'adhésion à l'UE. Si, comme l'a souligné Elmar Brok, président de la commission des affaires étrangères du Parlement, certains pensent que la Croatie est plus avancée que d'autres pays devant adhérer bientôt, les députés ont toutefois insisté sur plusieurs points, comme le retour des réfugiés, le respect des minorités ou les relations de Zagreb avec ses voisins, dont la Slovénie. « Si d'ici 2008 nous parvenons à résoudre nos problèmes institutionnels, il ne devrait plus y avoir de problèmes et de retards », a surtout déclaré Mme Grabar-Kitarovic, en écho aux déclarations du Président de la Commission, José Manuel Barroso, qui évoquait une suspension du processus d'élargissement après les adhésions bulgares et roumaines pour permettre à l'UE de réaliser ses propres réformes institutionnelles (EUROPE n° 9279). Comme elle, les députés ont insisté pour que l'Europe résolve ses problèmes institutionnels, sans instaurer de lien avec la future adhésion de la Croatie.

La transformation du système judiciaire a enregistré des avancées et les autorités s'engagent à lutter contre la corruption, a assuré Mme Grabar-Kitarovic lors de son audition, se félicitant des « impressionnants progrès » réalisés par la Croatie et l'UE dans le cadre des négociations. La phase de screening devrait se terminer le 18 octobre, conformément au calendrier fixé, a-t-elle expliqué, alors que le chapitre relatif aux sciences et technologies a déjà été clos le 12 juin. « Je fais confiance au projet européen et fais confiance à la Croatie pour être le 28ème membre de l'UE avant la fin de la décennie », a ensuite jugé la ministre, qui estime que l'UE peut mener un débat sur ses ajustements institutionnels en parallèle. « Vous êtes très avancés dans beaucoup de domaines, mais il reste beaucoup à faire », a déclaré Hannes Swoboda (PSE, autrichien), qui sera rapporteur du PE sur le rapport que la Commission publiera le 8 novembre concernant l'avancement des négociations avec la Croatie (et la Turquie). « Le plus important est de prouver aux citoyens que les réformes sont importantes » et le travail de l'UE est de revoir, « en parallèle », son architecture institutionnelle, a-t-il convenu. Son collègue allemand du PPE-DE, Bernd Posselt, a lui aussi estimé que « la Croatie ne doit pas devenir otage d'une procédure que nous avons nous-mêmes lancée et dont les problèmes trouvent leurs sources ici ». La réunion du comité mixte entre parlementaires croates et européens a de son côté adopté mercredi une résolution appuyant l'ambition de la Croatie de participer aux élections du PE en 2009. « Gérer l'opinion publique est un grand défi » et un arrêt de l'élargissement aurait un impact sur le soutien populaire, mais comme « le Président de la Commission nous l'a assuré en personne: si nous faisons notre part du travail, l'UE fera la sienne », a observé la ministre. La date n'est « pas une fin en soi », mais nous souhaitons être prêts en 2009 et l'idéal serait qu'une solution institutionnelle pour l'UE soit atteinte en 2008.

« La Croatie n'a pas l'intention de s'ingérer dans les affaires intérieures des pays voisins », a aussi assuré Mme Grabar-Kitarovic, mais de « travailler avec tous nos voisins dans un esprit d'intégration pour régler les conflits ouverts ». Concernant la Slovénie, la ministre a indiqué que, faute de résultat par le dialogue, la Croatie avait proposé à son voisin direct de s'adresser à un tribunal international pour régler la question de leurs frontières maritimes. Si les frontières actuelles, basées sur celles des anciennes républiques yougoslaves, sont plus ou moins claires au plan terrestre, les limites maritimes n'ont jamais été fixées et nous « continuerons à travailler dans un climat de bonne relation amicale avec la Slovénie », a-t-elle ajouté.

Mme Grabar-Kitarovic a aussi apporté des précisions sur la question du retour des réfugiés, jugeant que la Croatie avait respecté ses engagements internationaux. 125.000 citoyens croates d'origine serbe sont désormais revenus au pays et ont réglé la question de la propriété: 19.180 logements ont ainsi été restitués à leur propriétaire et seuls 18 logements ne l'ont pas encore été, selon elle. (ab)

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