Bruxelles, 05/10/2006 (Agence Europe) - La commission des Affaires étrangères du Parlement européen a approuvé mercredi le rapport de Véronique de Keyser (PSE, Belgique) sur les relations UE-Syrie avec une seule voix contre et deux abstentions. Mme de Keyser a été initialement nommée rapporteur pour avis sur l'accord d'association. Mais cet accord, paraphé le 19 octobre 2004, n'est toujours pas signé. Le rapport adopté mercredi comporte des recommandations adressées au Conseil et à la Commission leur demandant de poursuivre le processus de signature de l'accord. Il les invite à maintenir le dialogue et à encourager Damas à se rapprocher de l'UE et à s'éloigner de l'Iran, tout en exigeant un plus grand respect des droits de l'homme et des principes démocratiques.
Les parlementaires formulent clairement l'exigence faite aux Syriens de cesser tout soutien au Hezbollah libanais et de s'expliquer sur les « actions concrètes entreprises dans la lutte contre la prolifération d'armes ainsi que contre le terrorisme, Al Qaïda et par rapport au front irakien ». Le rapport affirme que « la conclusion de l'accord d'association donnera un élan décisif aux réformes politiques, économiques et sociales nécessaires à l'amélioration de la situation du pays ». Le Conseil et la Commission sont priés de préciser les « prochaines étapes » devant mener à la signature de l'accord.
Le rapporteur, Mme de Keyser, se dit satisfaite du compromis réalisé même si elle considère que le texte a été « durci ». Malgré de premières réticences venant du groupe PPE-DE favorable à une plus grande fermeté et l'imposition de conditions impérieuses, un compromis a été réalisé. Il « réaffirme que le respect des valeurs démocratiques, des droits de l'homme et des libertés civiles sont des préalables nécessaires » et qu'un « mécanisme de contrôle efficace » devra être inclus dans la clause 'droits de l'homme' de l'accord.
Le texte demande aussi un respect accru des minorités ethniques et réaffirme la nécessité de préserver la liberté de religion. Le gouvernement syrien est prié de réexaminer le cas des prisonniers politiques, de conscience et des activistes pacifiques dont les signataires de la déclaration "Beyrouth-Damas, Damas-Beyrouth" du 14 mai 2006. Le rapport, qui sera soumis au vote en session plénière du PE à Strasbourg à la fin du mois, insiste pour que la Syrie se conforme complètement aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et à la déclaration sur le Liban du Conseil européen qui appellent la Syrie et le Liban à délimiter leur frontière commune pour renforcer la stabilité régionale. (fb)