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Bulletin Quotidien Europe N° 9264
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/rdc

Renforcement de l'action de l'UE pour la réforme de la sécurité

Bruxelles, 13/09/2006 (Agence Europe) - La sous-commission Défense du PE, présidée par Karl von Wogau (CDU), a fait le point mardi sur le processus électoral en République démocratique du Congo. Pour le Conseil, Claude-France Arnould a souligné que la force européenne déployée à Kinshasa a, lors des affrontements des 20 et 21 août, fait la preuve de sa rapidité de réaction et de son efficacité. Elle a rappelé que l'intervention de l'EUFOR-RDC qui a imposé l'arrêt des combats, empêché l'assaut de la résidence du vice-président Bemba et permis l'extraction des diplomates qui s'y trouvaient, a débuté à la demande des diplomates. Ce n'est que par la suite qu'une demande formelle d'assistance est venue de la MONUC. Et c'est dans ce contexte que l'EUFOR participe, depuis, aux patrouilles qui sont organisées dans la capitale congolaise pour vérifier le cantonnement des troupes des deux candidats à l'élection présidentielle. Les trois missions de l'UE - EUFOR, EUSEC et EUPOL - coopèrent efficacement entre elles et avec la MONUC, a constaté Claude-France Arnould en soulignant que depuis le 22 août « aucun nouvel incident n'est à déplorer ». Selon elle, l'intervention lors de ces événements « a permis à la force de démontrer son impartialité », et le général Viereck qui commande l'opération depuis Potsdam estime que « ses soldats peuvent désormais patrouiller dans une ambiance tout à fait positive ». Constatant que les besoins dans le domaine de la sécurité demeureront très importants sur le long terme, elle a dit que le Secrétariat du Conseil prépare des propositions en vue de renforcer l'action de l'UE en matière d'aide à la réforme du secteur de la sécurité en RDC.

Evoquant le « succès incontestable de l'EUFOR », le général Philippe Morillon qui dirige la Mission d'observation électorale de l'UE a affirmé que sans la force européenne « Kinshasa serait aujourd'hui à feu et à sang ». Et de poursuivre: « Bemba a cherché à provoquer l'émeute dans Kinshasa. S'il n'y est pas parvenu, c'est à cause de la présence de l'EUFOR et de la MONUC et de la sagesse du peuple kinois qui est resté chez lui. (…) L'EUFOR a sauvé la vie de Bemba qui était menacé et contribué au cantonnement des partisans fous furieux des deux camps. (…) La réaction de Kabila, qui a voulu régler ses comptes à la « O.K. Corral », a été la surprise, elle a été ubuesque: les plus fanatiques de ses partisans se sont présentés devant la résidence de Bemba avec sept engins blindés et ont donné l'assaut à coups de canon ». Saluant « l'action remarquable » de l'EUFOR, le général a jugé qu'elle était « un modèle d'action efficace de l'UE », et que c'est aussi « ce qui est attendu de l'UE à travers le monde ». Et de citer l'exemple du Liban, où une opération de l'UE rendrait « possible la réaction immédiate, par rapport à l'extrême lenteur des procédures de l'ONU ». Pour lui, en RDC, il faut « laisser au perdant la possibilité de pas être un vaincu », c'est-à-dire souligner qu'avec la fin des élections vont se mettre en place une majorité et une opposition, avec la perspective d'une alternance. Les résultats provisoires des élections législatives montrent que Joseph Kabila n'aura qu'une majorité relative, a noté M. Morillon. En attendant, il faut garantir le cantonnement des troupes des deux candidats et c'est dans ce sens que le général Morillon a proposé que la MONUC et l'EUFOR soient chargées d'assurer la sécurité des candidats pendant le second tour. Cette idée a reçu le 11 septembre le soutien des 14 ambassadeurs du Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT) en RDC.

Interrogée sur les critiques formulées en Allemagne contre le général Viereck parce qu'il était en permission lorsque les affrontements ont éclaté à Kinshasa, Claude-France Arnould a répondu que « la chaîne de commandement a bien répondu à tous les niveaux, sans aucun flottement », et Philippe Morillon a ajouté: « Lorsqu'un chef est bon, il peut partir en paix, ça marche quand même ».

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