Bruxelles, 13/09/2006 (Agence Europe) - Nous vous confirmons « notre confiance, notre admiration et notre désir d'être des partenaires fiables », a affirmé le Commissaire au Développement et à l'aide humanitaire Louis Michel à Antonio Guterres, Haut Commissaire de l'ONU aux Réfugiés, venu avec lui devant la presse après leur rencontre du 12 septembre à Bruxelles. Outre notre contribution au HCR pour ses efforts en faveur des réfugiés (jusqu'ici, cette année, la Commission a été le deuxième donateur, a noté M. Guterres), nous avons l'intention de participer aussi à « des projets de gestion des migrations », a annoncé M. Michel. Sollicité par la presse sur le drame des clandestins échouant sur les côtes européennes, le Commissaire a martelé: le problème de l'immigration illégale, « c'est d'abord une question de développement » des pays d'origine, et il nous faut donc « des politiques très engagées et massives de développement », car on ne peut pas le résoudre « en fermant les frontières ». Il faut en particulier des projets en faveur des « jeunes qui veulent prendre leur destin en main », des projets de « réinsertion rapide », leur permettant, par exemple, « d'ouvrir de petits commerces, de devenir autosuffisants », précise le Commissaire. L'Europe fait-elle assez face à ce drame ? Là, Louis Michel s'est insurgé: « A partir de maintenant, j'ai envie de devenir un militant actif et guerrier de la Commission. Finissons de dire que la Commission ne fait pas assez ! La migration est une compétence des Etats membres. Ici, pas de mea culpa. Il faut que tous les Etats membres appliquent la même politique migratoire: j'attends cette avancée-là ». Face à la recrudescence de l'immigration illégale, « tous les Commissaires ont cherché dans les moyens dont ils disposent pour pouvoir aider les Etats membres », a assuré Louis Michel. Et il a indiqué que le 19 septembre un séminaire réunira tous les Commissaires concernés par les questions de migration, pour mettre au point un « plan intégré », sous l'autorité de Franco Frattini (qui avait reçu Antonio Guterres le même jour). « Je ne peux pas prendre de l'argent destiné au développement pour financer des policiers », mais je peux par exemple me servir des 3 milliards d'euros dont je dispose pour la bonne gouvernance pour aider des pays liés à l'UE par l'Accord de Cotonou à « respecter les accords de réadmission » des clandestins, a fait valoir le Commissaire Michel.
Quant au problème des réfugiés, l'ancien Premier ministre portugais a tenu à souligner la précieuse contribution de la Commission européenne au Haut Commissariat à la recherche de « mécanismes de transition » permettant de donner « un caractère soutenable au retour des réfugiés chez eux » ; « ceci est absolument en ligne avec la récente réforme de l'ONU et la création de la Commission pour la construction de la paix », a-t-il remarqué. « Le drame », a dit M. Guterres, c'est justement cela: ces gens reviennent souvent « dans des pays où il n'y a plus rien ». En rappelant qu'il y a eu d'importants mouvements de retour (Afghanistan, Angola, Burundi, RDC, Sud Soudan), M. Guterres a rappelé que dans un pays comme le Liberia, « un professeur gagne 20 dollars par mois, alors que le budget est de 80 millions de dollars par an », et que , récemment, des Burundais revenus de Tanzanie se sont trouvés plongés dans une situation de pénurie.
M. Michel a aussi indiqué qu'il avait évoqué avec M. Guterres la situation au Darfour (où on est « en train de revenir au pire, comme en 2003 »), en Somalie, au Tchad, au Liban (où « la fin du blocus modifie sensiblement le contexte humanitaire »).