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Bulletin Quotidien Europe N° 9232
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/rdc

Devant la commission des affaires étrangères du Parlement, Aldo Ajello fait le point sur les difficultés du processus électoral en RDC

Bruxelles, 13/07/2006 (Agence Europe) - Le représentant de l'UE dans la région des Grands lacs africains, Aldo Ajello, a fait le point sur le processus électoral en République démocratique du Congo, le 11 juillet, devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Le processus qui vient de démarrer se heurte encore à un certain nombre de problèmes logistiques et politiques, et le système électoral choisi par le parlement congolais est « très compliqué » avec des listes ouvertes permettant les votes de préférence, a-t-il dit, en précisant: à cause de l'analphabétisme, les listes comportent les photos des candidats ; ainsi, dans la capitale, la liste de vote fait six pages, avec 900 photos. Plus de 25 millions d'électeurs inscrits se rendront dans pas moins de 50 000 bureaux de vote pour départager 33 candidats aux élections présidentielles et près de 9000 aux élections législatives. Et d'expliquer que les matériels imprimés en Afrique du sud sont déjà là, mais qu'il manque encore 46 millions de dollars pour l'organisation du second tour, prévu le 15 octobre (les résultats officiels du 1er tour devraient être connus le 14 septembre), et qu'un accord doit être trouvé sur la gestion de la période de transition qui ne prendra pas fin avant le 30 novembre, date prévue pour la proclamation du nouveau président. Le début de la campagne a été marqué par des dérapages, avec des attaques personnelles et ethniques, a rappelé Aldo Ajello en estimant que la situation s'est calmée après une conférence de presse qu'il a tenue avec le général Viereck à Kinshasa. « Nous sommes intervenus assez durement », a-t-il dit.

En ce qui concerne la sécurité des élections et des 250 à 300 observateurs dirigés sur place par le général Philippe Morillon (ALDE, français), Aldo Ajello a décrit un dispositif comportant quatre éléments: (1) la police congolaise: forte de 75 000 hommes (dont 50 000 plus ou moins formés par l'ONU) et des unités un peu plus fortes (dont 4500 à Kinshasa) ont été entraînées (par l'UE, la France et l'Afrique du Sud notamment) et continueront d'être assistées par la mission EUPOL de l'UE ; (2) les forces armées, qui sont dans « un état catastrophique » et « se paient sur la population civile », mais dont une partie est passée par l'un des six centres de brassage pour constituer douze brigades intégrées. Deux projets de l'UE (dans le cadre de la mission EUSEC) permettent progressivement d'améliorer la situation en termes de paiement (M. Ajello a dit que depuis trois mois la solde est payée plus ou moins régulièrement) et d'approvisionnement, et des brigades ont été équipées pour intervenir en soutien de la police ; (3) la force de l'ONU, la MONUC (plus de 16 000 hommes) concentrée à l'Est avec un récent renforcement au Katanga par l'arrivée d'un bataillon béninois et d'un bataillon indien, prélevés au Burundi ; (4) l'EUFOR, qui comprendra environ 800 militaires à Kinshasa et 1200 répartis entre Libreville et Port-Gentil au Gabon, plus une réserve stratégique (et dont l'inauguration formelle aura lieu le 20 juillet à Kinshasa en présence d'Aldo Ajello et du général Karlheinz Viereck). Aldo Ajello a précisé qu'une cellule de coordination entre les quatre composantes de la sécurité est en cours de constitution et que des officiers de l'Union africaine, de la SADC et de la CEAC ont été invités au quartier général de Potsdam afin d'encourager le soutien des pays de la région à l'ensemble du dispositif.

Interrogé par un député allemand, Aldo Ajello a confirmé que la mission de l'EUFOR s'achèvera le 30 novembre. « Quatre mois, c'est fixe, c'est décidé », a-t-il expliqué, avant de souligner qu'il n'y a « pas de mission sans risque » même si, dans ce cas, le risque est « assez limité ». Il s'est aussi dit très heureux de « la très bonne « chemistry » avec le général Viereck » et de « l'appui de tous les journaux à Kinshasa », après leur conférence de presse conjointe.

 

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