Bruxelles, 13/07/2006 (Agence Europe) - C'est devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen que le Commissaire Joaquin Almunia a présenté mercredi la communication adoptée par la Commission le même jour sur l'économie de la zone euro. Première du genre, cette communication spécialement consacrée aux Etats membres ayant adopté la monnaie unique s'accompagne d'un rapport décrivant les principaux défis qui les concerne. Le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires a souhaité que ce document soit adopté chaque année à cette période de l'année, afin de mieux débattre des problèmes spécifiques de l'Union monétaire et de ses 310 millions de citoyens. « L'euro nous apporte bien plus d'avantages que d'inconvénients », a souligné d'emblée M. Almunia. Ces derniers temps, certains éléments inquiétants sont apparus (faiblesse des taux de croissance et de la productivité, taux de chômage supérieur à celui d'autres régions industrielles, manque de souplesse pour réagir avec dynamisme aux changements liés à la mondialisation, etc.), a jugé le Commissaire, qui espère que, avec une reprise plus durable, ces difficultés vont diminuer. D'une manière générale, cependant, bien des défis restent à relever.
Le rapport en identifie principalement trois. D'abord, l'économie de la zone euro devrait avoir un plus grand potentiel de croissance. « Notre potentiel, y compris en phase de reprise, ne dépasse pas beaucoup les 2% », a déploré le Commissaire, qui avait indiqué lundi à l'Eurogroupe que les prévisions de croissance de la Commission pour 2006, actuellement de 2,1%, pourraient être finalement plus élevées. « Nous connaissons les principales réformes nécessaires, ce sont celles de la stratégie de Lisbonne révisée », a-t-il averti. Il faut ensuite que le marché intérieur soit amélioré, pour garantir que tous les aspects positifs liés à l'introduction de l'euro donnent des résultats concrets. Si, dans les années 80, le marché unique appelait une monnaie unique, le rapport amorce la problématique dans l'ordre inverse, appelant ainsi, maintenant que l'euro est une réalité, à parachever le marché intérieur. Enfin, « la monnaie unique doit évoluer vers une voix unique vis-à-vis des autres monnaies du monde », et l'euro « doit avoir une représentation cohérente vers l'extérieur », a souligné M. Almunia. Dans un avenir proche, les consultations multilatérales lancées par le Fonds monétaire international (FMI) pour faire face aux divergences existant dans économie mondiale seraient l'occasion de montrer le chemin à suivre. « Nous devons avoir une vision commune, sinon nous serons perdants », a estimé le Commissaire.
Interrogé par Alexander Radwan (PPE-DE, allemand), M. Almunia est revenu sur les enjeux de l'assainissement budgétaire. Le bon fonctionnement de la zone euro est lié à celui du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), a-t-il noté, jugeant qu'un an après la réforme du Pacte, des efforts restent à faire du côté préventif. « Au moment où la reprise économique commence, c'est le défi le plus important », a commenté le Commissaire. A Ieke Van den Burg (PSE, néerlandaise), soucieuse d'en savoir plus sur l'ajustement des calendriers budgétaires entre Etats membres, M. Almunia a rappelé que l'Eurogroupe examinera la question lors de sa réunion en octobre, pour laquelle la Commission prépare sa contribution. M. Almunia a ensuite tenu à rassurer Wolf Klinz (ADLE, allemand), qui s'inquiétait pour l'indépendance de la Banque centrale européenne après l'envoi de la lettre du Commissaire et du Président de l'Eurogroupe à Jean-Claude Trichet, proposant des rencontres régulières avec le président de la BCE. Il faut discuter de certaines questions, il ne s'agit « pas de saper l'indépendance de la prise de décision monétaire », et ce courrier en met « nullement en cause l'indépendance de la BCE », a assuré M. Almunia.
Dans un communiqué, Donata Gottardi et Gianni Pittella (PSE, italiens) saluent le choix de la Commission européenne de prévoir une communication annuelle sur les défis spécifiques à la zone euro. Cette initiative arrive « juste au moment où l'économie européenne commence à montrer des signes de reprise », remarquent-ils, en se félicitant aussi de l'accent mis par le Commissaire Almunia sur la nécessité de coordonner davantage les politiques économiques des Etats membres. Avec la monnaie unique, disent les deux députés italiens, « on peut bâtir des politiques macroéconomiques unitaires et une gouvernance économique » correspondant à l'objectif « une monnaie, une économie ». En outre, Mme Gottardi et M.Pittella se prononcent pour un siège unique des pays de la zone euro au Fonds monétaire international, en soulignant: « L'euro peut et doit être un instrument essentiel des relations extérieures de l'UE: il est la deuxième devise internationale et il peut influencer la dynamique économique et monétaire internationale ».