Bruxelles, 06/07/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté jeudi les résultats d'un nouveau sondage Eurobaromètre Printemps 2006 (N° 65, effectué auprès d'un total de près de 30 000 citoyens de l'UE ainsi que de Bulgarie, Roumanie, Croatie, Turquie et la communauté chypriote turque, entre le 27 mars et le 1er mai 2006) dont il ressort notamment que les citoyens européens soutiennent de moins en moins l'élargissement futur de l'Union européenne. En effet, seulement 45% des gens interrogés se disent encore favorables à des nouvelles adhésions à l'avenir (contre 49% en août 2005), alors que 42% sont contre (en août 2005, ils étaient 39%) et 13% n'ont pas d'opinion. Ces moyennes cachent de fortes variations entre les différents pays membres. Ainsi, les dix nouveaux Etats entrés en mai 2004 sont tous largement favorables aux futurs élargissements de l'UE - Slovénie: 73%, Pologne: 72%, Lituanie: 60%, Hongrie: 59%, Chypre et République tchèque: 58%, Malte: 56 %, Lettonie: 54%, Estonie: 50% - alors que cinq des six pays fondateurs de l'UE ont des taux de soutien en dessous de la moyenne : Belgique: 45% (identique à la moyenne), Pays-Bas: 43%, France: 31%, Allemagne: 28%, Luxembourg et Autriche: 27%. Dans les pays adhérents (Bulgarie et Roumanie) et dans les deux pays candidats, le soutien à l'adhésion à l'UE reste élevé, à l'exception de la Turquie qui a perdu 7% par rapport à août 2005 et qui enregistre aujourd'hui un soutien populaire de seulement 45% à son entrée dans l'Union. A la Commission, on explique cette chute par le fait que l'euphorie créée par l'ouverture des négociations d'adhésion en octobre 2005 a fait place à plus de réalisme face aux difficultés dans les négociations proprement dites. La querelle entre Ankara et l'UE sur la mise en œuvre du protocole additionnel à l'Accord d'Ankara sur l'union douanière aurait également joué en faveur du recul de soutien populaire en Turquie. La Commission a annoncé jeudi qu'elle allait publier en automne (septembre ou octobre) un Eurobaromètre spécial sur l'élargissement, dont les résultats devraient nourrir le débat que les chefs d'Etat et de gouvernement auront sur la future stratégie d'élargissement de l'UE lors du Conseil européen des 14/15 décembre prochains.
Voici les principaux autres résultats de l'Eurobaromètre N°35:
Soutien à l'appartenance à l'UE. En moyenne, le taux de soutien des citoyens à l'appartenance de leurs pays à l'UE est de 55%, comparé à 50% en août 2005, mais avec de fortes variations entre les pays membres. A la tête figurent les Irlandais (77%), suivis des Néerlandais (74%), des Espagnols et des Luxembourgeois (72%), des Belges et des Danois (65%), des Lituaniens (59%), des Allemands (57%) et des Italiens et Polonais (56%). En dessous de la moyenne des 55% (atteinte exactement en Slovaquie), l'on trouve les Slovènes (54%), les Grecs (53%), les Tchèques (52%), les Estoniens (51%), les Français, les Suédois, les Chypriotes et les Hongrois (tous à 49%), les Portugais (47%), les Maltais (44%), les Britanniques (42%, ce qui - selon la Commission - représente un niveau élevé, jamais atteint depuis la fin des années 80 ou le début des années 90), les Finlandais (39%), les Lettons (37%) et les Autrichiens (34%). En moyenne, 62% (+4% par rapport à 2005) estiment que leur pays a bénéficié de leur appartenance à l'UE. Un porte-parole de la Commission a affirmé jeudi qu'il y avait un « lien logique » entre ces chiffres plutôt positifs et l'approche choisie par la Commission Barroso en faveur de la création d'une « Europe des résultats ».
Constitution européenne. Le taux de soutien des citoyens de l'UE à l'idée d'une Constitution européenne a légèrement diminué (-2%) par rapport à août 2005 pour atteindre aujourd'hui 61%. 22% se disent opposés à une Constitution européenne et 17% n'ont pas d'opinion. Avec 62% d'avis positifs, la France se situe juste au-dessus de la moyenne, tandis que les Pays-Bas se trouvent en dessous, avec 59%.
Principales préoccupations des Européens. Pour 49% des interrogés (+5% par rapport à 2005), c'est le chômage, suivi de l'insécurité (24%), la situation économique (23%), le système de santé (18%), l'immigration (14%), la hausse des prix/inflation (13%) et le terrorisme (10%) (voir http: //ec.europa.eu/public_opinion/index_fr.htm).