Bruxelles/Helsinki, 06/07/2006 (Agence Europe) - Les représentants des partenaires sociaux européens (Unice/Ueapme pour le patronat, CEEP pour les entreprises à participation publique et d'intérêt économique général, CES pour les syndicats) et, pour la première fois, ceux de la Plate-forme des ONGs sociales européennes ont rencontré le 6 juillet à Helsinki la Troïka Sociale (ministres « sociaux » des Présidences finlandaise, allemande et portugaise), en présence du Commissaire Vladimir Spidla (voir EUROPE n° 9219). Améliorer la qualité de la vie professionnelle, garantir la flexicurité sur le marché du travail, investir dans l'innovation et les technologies de pointe: telles sont les actions prioritaires demandées aux ministres pour permettre à l'Europe de survivre dans un monde globalisé.
Pour Anne-Sophie Parent, présidente de la Plate-forme des ONGs européennes du secteur social, la priorité pour améliorer la vie des gens est de leur assurer un travail décent, et ceci dans un souci de dignité et de bien-être pour eux et leur famille, et pas seulement pour améliorer la productivité. Mme Parent recommande notamment de promouvoir l'égalité des genres, mettre fin aux discriminations sur le lieu du travail, établir un lien entre qualité du travail et flexicurité, promouvoir l'accès pour tous à la formation tout au long de la vie, ou assurer que les travailleurs bénéficient d'une bonne santé sur leur lieu de travail en leur permettant entre autres l'accès à des soins de santé de qualité.
Côté syndical, la secrétaire générale adjointe de la CES, Maria Helena Andre, a appelé à investir davantage dans la recherche et développement, la formation et l'apprentissage tout au long de la vie, pour faire de l'Europe une véritable économie de la connaissance inclusive avec une main-d'œuvre hautement qualifiée et diversifiée, capable de maintenir la compétitivité au niveau mondial tout en développant le modèle social européen. En outre, l'UE doit promouvoir le travail décent dans d'autres pays et s'opposer à une compétitivité fondée sur la discrimination raciale, de mauvaises conditions de travail et des droits des travailleurs quasi inexistants.
Comment soutenir les efforts d'innovation des entreprises pour améliorer l'environnement des affaires et du travail ? C'est ce à quoi veut s'atteler le secrétaire général de l'Unice, Philippe de Buck, avec la Présidence finlandaise. Le débat sur la flexicurité, qui se tiendra le 20 octobre lors du Sommet Social Tripartite et du Conseil européen informel de Lahti, est très important, a affirmé M. de Buck en rappelant que la flexicurité vise à garantir la durabilité du modèle social européen en restaurant un lien positif entre compétitivité et protection sociale. M. de Buck a mis en exergue le programme de travail commun 2006-2008 des partenaires sociaux (voir EUROPE n° 9158).
Rauno Vanhanen, membre finlandais de l'Ueapme (qui s'exprimait au nom du Président Paul Reckinger et de son secrétaire général Hans-Werner Müller, retenus à Rome), a noté que la productivité, tout comme la qualité du travail, a toujours été essentielle pour les petites et moyennes entreprises en estimant qu'il est donc crucial d'investir dans l'innovation, les technologies, la recherche appliquée, l'économie de la connaissance et la création d'emplois à haute valeur ajoutée (par exemple dans les services).
Pour le président de la commission affaires sociales du CEEP, Charles Nolda, les entreprises ne peuvent survivre dans un marché mondial que si elles innovent. Dans les services publics, nous devons nous approprier le concept de flexicurité, a-t-il dit, en soulignant aussi la nécessité de la cohésion territoriale. Parfois c'est bien de guider les gens vers des endroits où il y a des emplois, mais parfois ce serait mieux d'encourager les chefs d'entreprise et les investisseurs à donner du travail là où il y a du personnel, a-t-il estimé.
A l'issue de la rencontre, le Commissaire Vladimir Spidla a affirmé que les partenaires sociaux sont en première ligne lorsqu'il s'agit d'améliorer la qualité de la vie professionnelle. Nombre d'études montrent le lien positif entre qualité du travail et productivité, ce que les partenaires sociaux ont reconnu en lançant plusieurs activités dans ce domaine, comme un accord autonome sur le stress lié au travail, a ajouté M. Spidla. Ce débat sur la qualité de la vie professionnelle est étroitement lié au débat sur la flexicurité (équilibre entre flexibilité et sécurité dans l'emploi), a noté le Commissaire en annonçant une communication sur ce sujet pour le printemps prochain, et en se félicitant de l'engagement des partenaires sociaux à être représentés au sein du groupe d'experts que la Commission est en train de mettre en place sur ce sujet.