Bruxelles, 06/07/2006 (Agence Europe) - La présidence du Parti des Socialistes Européens (PSE) pourrait décider de suspendre son membre social-démocrate slovaque, le SMER du nouveau Premier ministre Robert Fico, à cause de son intention de former une coalition gouvernementale avec l'ultranationaliste SNS. Le président du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, a demandé une telle suspension, en affirmant que « le Parti national slovaque de Jan Slota, à l'image du Front National de Jean-Marie Le Pen, défend des thèses, une idéologie à l'opposé des valeurs pour lesquelles nous nous battons en Europe (…). Nous regrettons que le Parti social-démocrate slovaque n'ait pas tenté de s'allier avec d'autres formations politiques » (ce qu'avait fait aussi le président du groupe PPE-DE Hans-Gert Pöttering : voir EUROPE n° 9225). « En tant qu'ami de ce pays, je regrette beaucoup que nous ayons à prendre cette décision », déclare pour sa part le Néerlandais Marinus Wiersma, rapporteur du PE sur la Slovaquie (des avertissements dans ce sens ont été lancés mercredi en plénière, notamment par Daniel Cohn-Bendit). Après une discussion de presque une heure avec Robert Fico, mercredi à Strasbourg, Martin Schulz indique dans un communiqué: « M. Fico nous a expliqué les raisons pour lesquelles, selon lui, il n'y avait pas d'alternative à cette coalition, et nous avons expliqué que nous ne pouvons pas accepter qu'un parti socialiste forme une coalition avec un tel parti. Ce n'est pas simplement une question de tactique. C'est une question de principes ». Le député européen Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti des Socialistes européens, confirme dans un communiqué: « Ma recommandation serait de suspendre le SMER du PSE tant que le SNS fait partie du gouvernement slovaque (…) Notre Parti des Socialistes Européens est absolument clair à ce sujet, qu'il s'agisse de Slovaquie, Pologne ou tout autre Etat membre de l'UE. Je demande aux autres partis politiques européens d'être tout aussi clairs ». Le communiqué annonce que la présidence du PSE se réunira le plus vite possible.
La parlementaire européenne Annemie Neyts, présidente du Parti des libéraux, démocrates et réformateurs européens (ELDR), salue dans un communiqué ces efforts des socialistes européens et s'inquiète de la présence dans la nouvelle coalition à Bratislava non seulement du parti nationaliste de Jan Slota, mais aussi du parti populiste de Vladimir Meciar (HZDS). Lorsqu'ils ont gouverné ensemble dans les années 90, MM. Meciar et Slota ont poussé la Slovaquie dans l'isolement, rappelle le communiqué. Et Mme Neyts regrette en particulier que « les importants ministères de la justice et de l'agriculture aient été attribués au parti de Meciar, et que les ultranationalistes du SNS aient maintenant la charge de la politique slovaque pour l'éducation, l'environnement et le développement régional ».