Bruxelles, 06/04/2006 (Agence Europe) - Quel avenir pour l'aide européenne aux Palestiniens face au nouveau gouvernement palestinien dominé par le Hamas qui, malgré certaines déclarations ambiguës, ne montre aucune volonté d'accepter le droit d'existence d'Israël, de renoncer à la violence et de respecter la feuille de route pour le processus de paix ? C'est la question délicate qui dominera le Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » qui se tiendra le 10 avril à Luxembourg sous la présidence d'Ursula Plassnik. Les ministres adopteront aussi des mesures restrictives renforcées (interdiction de visa) contre les dirigeants du Bélarus, y compris le président Loukachenko. La situation en Ukraine après les élections générales et le problème nucléaire iranien seront également abordés. Les ministres feront aussi le point sur l'état des négociations à l'OMC (cycle de Doha). La Présidence autrichienne signera par ailleurs un accord de coopération et d'assistance entre l'UE et la Cour Pénale Internationale. Lundi soir, se tiendra un Conseil d'Association et de Stabilisation avec la Croatie. Mardi, il y aura aussi une réunion du Conseil de coopération avec la Moldova et du Conseil d'association avec le Liban.
Proche-Orient/Hamas. La position de l'UE et des autres membres du Quartette est claire: aucune aide directe sera fournie au gouvernement Hamas tant qu'il n'aura pas accepté le droit à l'existence d'Israël, renoncé à la violence et accepté la feuille de route et les accords existants sur le processus de paix. Ces trois critères ont été fixés par le Quartette en janvier, ils ont été réitérés le 30 mars (EUROPE n° 9165) et ils continent d'être « la doctrine de l'UE qui ne changera pas », ont expliqué vendredi des diplomates. L'aide européenne - jusqu'ici un total de 500 millions d'euros par an - prend de multiples formes, mais plus que la moitié passe par des canaux qui exigent une collaboration directe avec les autorités palestiniennes, désormais contrôlées par le Hamas. Le 10 mars, lors de leur réunion informelle à Salzbourg, les ministres des Affaires étrangères de l'UE avaient entamé une réflexion sur les possibilités de trouver des mécanismes ou des instruments alternatifs permettant de poursuivre un maximum d'aide à la population, sans devoir passer par les autorités palestiniennes (EUROPE n° 9150). Cette réflexion se poursuit, et il est donc peu probable que les ministres puissent déjà prendre une décision lundi, selon des diplomates. Entre-temps, la Commission a annoncé vendredi qu'après la prise du pouvoir par le Hamas, elle a suspendu tout nouveau paiement d'aide à l'Autorité palestinienne. En attendant une décision politique des Etats membres sur la future politique de l'UE dans ce domaine, la Commission européenne adopte une politique de « prudence maximale », a précisé cette source de la Commission. « Cela veut dire que jusqu'à nouvel ordre, la Commission n'autorisera plus aucun paiement d'aide en faveur ou à travers l'Autorité palestinienne », a précisé cette source. Il ne s'agit là « pas d'une décision politique, mais d'une mesure technique » que la Commission a jugé bon de prendre en attendant la décision politique du Conseil. La Commission a proposé cette semaine au Coreper que le Conseil de lundi décide de suspendre toute aide jusqu'à ce que le gouvernement palestinien ait changé sa position, mais la plupart des Etats membres s'y sont opposés, estimant qu'il faut donner au Hamas le temps de changer. Javier Solana s'est également exprimé dans ce sens, cette semaine devant le PE (EUROPE n° 9168). Le projet de déclaration qui sera soumis lundi aux ministres note donc que l'UE est en train d'examiner son aide aux Palestiniens et qu'elle attend que le gouvernement accepte les critères du Quartette, mais aussi que l'UE continuera de fournir l'assistance nécessaire pour répondre aux besoins élémentaires de la population palestinienne. Vendredi, dans une interview au Times, le nouveau ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud al-Zahar, indiquait que le gouvernement serait, à certaines conditions, prêt à envisager une « solution à deux Etats », reconnaissant implicitement le droit d'Israël d'exister. L'UE a réagi de manière très réservée à cette information. Les déclarations du Hamas de ces derniers jours ressemblent beaucoup à la « procession d'Echternach: trois pas en avant et deux en arrière », a affirmé vendredi la Présidence autrichienne.
Bélarus. Comme annoncé (EUROPE n°9168), le Conseil adoptera lundi une position commune par laquelle l'UE décide une interdiction de visa contre le président Loukachenko et 30 autres membres de son administration. La décision entrera en vigueur avec effet immédiat. Le Conseil n'exclura pas la possibilité de prendre des mesures supplémentaires à l'avenir.
Ukraine. Les ministres se féliciteront du bon déroulement des élections parlementaires du 26 mars évoqueront la perspective d'un approfondissement des relations, notamment à travers la conclusion d'un nouvel accord plus ambitieux qui devra remplacer l'actuel Accord de Partenariat et de Coopération (APC) qui expirera fin 2007.
Iran. Le Conseil adoptera des conclusions dans lesquelles il rappellera l'engagement de l'UE en faveur d'une « solution diplomatique » du problème nucléaire iranien. Les ministres lanceront un nouvel appel à Téhéran pour qu'il respecte la déclaration de la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU et les résolutions de l'AIEA et souligneront que la communauté internationale est « unie et déterminée » pour prévenir la prolifération des armes nucléaires.
OMC/Cycle de Doha. La Commission informera les ministres sur l'état des négociations commerciales. La France demandera au Conseil d'envisager la possibilité d'une réunion des ministres du Commerce de l'UE à Genève s'il y avait une évolution dans les négociations avant l'échéance du 30 avril.