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Bulletin Quotidien Europe N° 9109
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/onu/belarus

La situation des droits de l'Homme se détériore de plus en plus, selon le rapporteur spécial de l'ONU

Bruxelles, 13/01/2006 (Agence Europe) - Le rapporteur spécial de la commission des droits de l'Homme (CDH) des Nations unies pour le Bélarus, l'ancien ministre roumain des Affaires étrangères Adrian Severin, a dressé le 11 janvier un tableau plutôt sombre de la situation des droits de l'Homme au Bélarus. « Le Bélarus n'est pas seulement un pays où les droits de l'Homme sont violés mais, pire encore, la situation se détériore de plus en plus », a déploré M.Severin devant des journalistes à Bruxelles, où il a rencontré cette semaine des représentants des Etats membres, de la Commission européenne et de l'équipe de Javier Solana. « L'unité de l'opposition politique au Bélarus est pour l'instant la seule raison d'optimisme », a-t-il estimé. Avec Alexandre Milinkievitch, l'opposition est en effet parvenue à désigner un candidat unique pour les élections présidentielles du 19 mars 2006. Le problème au Bélarus n'est pas seulement que les dirigeants au pouvoir bafouent les droits de l'Homme, mais que « tout le système devient de plus en plus totalitaire », a affirmé M.Severin. L'économie du pays est « monopolisée entre les mains d'une seule oligarchie, issue de l'héritage militaro-industriel de l'ancienne Union soviétique », et financièrement, le régime Louckachenko est soutenu par des partenaires politiques, en premier lieu la Russie, mais aussi par des activités économiques et commerciales qui sont basées dans l'UE, aux Etats-Unis et dans d'autres régions du monde. Une autre source de financement du « budget du Président », qui dépasse largement le budget officiel du pays, serait le trafic d'armes, notamment vers l'Afrique, estime le rapporteur spécial.

Que peut faire la communauté internationale, que peut faire l'Union européenne pour aider le peuple biélorusse ? Sans vouloir complètement isoler le pays, l'UE devrait vérifier davantage la légalité et la transparence des flux financiers entre certaines entreprises établies sur son territoire et l'Ukraine, étendre la liste des personnalités du régime interdites d'entrer dans le territoire de l'UE (tout en facilitant les procédures de voyage des citoyens) et continuer à faire pression politique dans tous ses contacts, y compris avec la Russie, a dit M.Severin. Un moyen important pour maintenir la pression politique sur le régime du Bélarus est la Commission des droits de l'Homme de l'ONU et ses rapports spéciaux consacrés à des pays individuels. Selon lui, « il est absolument indispensable que la pratique des rapports spéciaux sur les droits de l'Homme soit maintenue » dans le cadre des négociations en cours sur la création d'un Conseil des Droits de l'Homme des Nations unies, qui devrait remplacer la Commission des droits de l'Homme qui se réunit seulement pendant six semaines par an. L'UE est favorable à ce que le futur Conseil des Droits de l'Homme soit permanent, qu'il soit doté de mécanismes spéciaux permettant d'adopter des résolutions individuelles sur des pays spécifiques et que les ONG gardent le rôle important qu'elles ont actuellement à la commission des droits de l'Homme, a souligné Michael Matthiessen, représentant spécial de Javier Solana pour les droits de l'Homme, lors de la même conférence de presse.

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