Bruxelles, 13/01/2005 (Agence Europe) - Le 12 janvier, le Comité antidumping qui regroupe des experts de la Commission et des Etats membres a entrouvert la porte à une action antidumping (via des surtaxes douanières compensatoires) contre les importations de chaussures en cuir et de sécurité en provenance de Chine, en refusant le statut d'économie de marché à 13 fabricants chinois. La Commission estime ne pas avoir une idée claire des coûts réels de fabrication des chaussures en Chine: ces coûts seront donc comparés à ceux pratiqués dans une autre économie, le Brésil, pour déterminer s'il y a ou non dumping. Le vice-ministre chinois du Commerce Gao Hucheng, qui était cette semaine à Bruxelles, a trouvé cette décision « choquante ». M. Gao, pour qui l'enquête de la Commission présente de nombreuses failles, conteste le choix de prendre comme référence le Brésil, un pays où les coûts de main-d'oeuvre sont beaucoup plus élevés qu'en Chine. L'Indonésie aurait été, selon lui, une référence beaucoup plus pertinente. Pour M. Gao, en outre, d'éventuels tarifs antidumping pénaliseraient finalement les consommateurs européens. Pour l'Association européenne de l'industrie des articles de sport (FESI), dont les membres sont importateurs de chaussures de Chine, cette décision « revient à dénier la réalité du marché ». La FESI accuse d'ailleurs la Confédération européenne de l'industrie de la chaussure, à l'origine de la plainte pour dumping contre la Chine et le Vietnam, d'avoir exagéré la progression des exportations chinoises à la suite de la levée des quotas le 1er janvier 2005. L'association Eurocommerce, qui défend les intérêts des distributeurs européens, exhorte elle aussi la Commission à ne pas instaurer des prélèvements antidumping compensatoires qui pénaliseront importateurs et consommateurs européens. Interrogé jeudi par la presse, un porte-parole de la Commission a refusé de dire si l'Union envisageait d'instaurer un prix de vente minimum pour les chaussures chinoises comme le propose notamment la Coalition des fabricants de chaussures de marque. Le Commissaire Mandelson doit se rendre en Italie la semaine prochaine pour évoquer ce dossier avec le gouvernement et des représentants de l'industrie de la chaussure. La Commission doit rendre d'ici le 7 avril les conclusions préliminaires de l'enquête antidumping lancée en juillet dernier.