Bruxelles, 13/01/2006 (Agence Europe) - Le ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a suggéré jeudi de réduire le projet de Constitution à un « texte plus court fondé sur la première partie du traité qui ait pour seul objet d'organiser le fonctionnement de l'UE » et qui pourrait, « le moment venu », être ratifié par l'Assemblée française, sans nouveau référendum. A cette fin, il propose qu'une « mission d'évaluation » fasse le tour des capitales européennes « pour y rencontrer les gouvernements, les parlements, les partis et les représentants de la société civile », afin de rédiger ensuite un « texte resserré et consensuel » (voir autre nouvelle). Tant que l'UE n'aura pas de « nouvelles institutions », elle ne devrait pas envisager de nouveaux élargissements, à l'exception de ceux de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007 ou 2008, a encore estimé M. Sarkozy (voir EUROPE n° 9108), et un statut de « partenaire stratégique » devrait être élaboré pour les pays voisins qui n'ont pas vocation à adhérer à l'UE. A l'occasion des vœux pour 2006, le ministre (et possible candidat aux élections présidentielles de 2007) a aussi souhaité que les grands pays de l'UE (il a cité France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne et Pologne, qui représentent 75% de la population de l'Union) « jouent un véritable rôle de moteur de l'Union européenne ». « Les grands pays doivent prendre leurs responsabilités, et j'estime qu'ils ne le font pas assez », a-t-il affirmé. « Une Europe à 25 a besoin d'un moteur à six temps, et pas d'un moteur à deux temps » (franco-allemand), a-t-il dit. Les petits pays doivent pouvoir s'associer à toutes les initiatives que prendraient les grands pays, « mais ils ne doivent pas pouvoir empêcher les grands de prendre des initiatives », a encore estimé M. Sarkozy. L'intention n'est pas de créer un « présidium » des grands pays, mais il faut cesser de faire comme si un petit pays avait effectivement le même poids qu'un grand. Selon lui, c'est une erreur « de considérer qu'un pays de
500 000 habitants a en Europe le même impact sur l'économie qu'un pays de 82 millions d'habitants. A force de dire que tout se vaut, on finit par avoir un système qui ne ressemble plus à grand-chose. (…) Ce n'est pas faire injure à l'Estonie que de dire qu'elle compte un peu moins que l'Allemagne ». M. Sarkozy réfute aussi le principe de l'égalité des pays membres dans la composition de la Commission européenne et l'idée qu'une Commission resserrée (comme le prévoit le Traité de Nice dès que l'UE comptera 27 membres, avec un système de rotation égalitaire entre pays) puisse compter parmi ses membres « trois Baltes et pas de Français ni d'Allemand ».