Bruxelles, 13/01/2006 (Agence Europe) - Le Conseil informel Emploi et Affaires sociales de l'UE se réunira le 20 janvier à Villach sous la coprésidence des ministres Ursula Haubner (Sécurité sociale, Générations et Protection des consommateurs) et Martin Bartenstein (Economie et Travail), avec la participation du CommissaireVladimir Spidla. Cette réunion informelle sera préparée le 19 janvier par une rencontre de la Troïka Sociale européenne (ministres responsables des Affaires sociales et de l'Emploi des Présidences autrichienne, finlandaise et allemande), avec les responsables concernés des partenaires sociaux européens, de la Commission européenne et du Parlement européen. Pour alimenter les travaux, la Présidence autrichienne a soumis aux participants deux documents de discussion portant sur « la flexicurité: la flexibilité à travers la sécurité » et sur « la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne révisée » dans le contexte de la rationalisation des processus de politique sociale.
Deux sessions de travail marqueront le Conseil informel de vendredi: - la matinée, présidée par Martin Bartenstein, sera consacrée aux questions d'emploi et donc, comme la Présidence l'avait annoncé dans la présentation de son programme (voir EUROPE n°9102), à la « flexicurité » (ce concept qui décrit les pistes pour concilier un marché du travail plus flexible avec un haut degré de protection sociale pour l'individu) ; - l'après-midi, Ursula Haubner présidera les discussions sur « la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne révisée ». Voici un bref aperçu des deux contributions de la Présidence aux travaux.
I) Flexicurité. Les réflexions sur la flexicurité posent la question de savoir comment préserver à la fois la compétitivité européenne et le modèle social européen, qui sont interdépendants, ce qui se reflète dans la stratégie de Lisbonne révisée sur la croissance et l'emploi. La question se pose ici du défi auquel sont confrontés les systèmes d'emplois européens, à savoir comment concilier la flexibilité, comme base de l'adaptabilité et de la compétitivité, avec un haut degré de sécurité sociale. En ce qui concerne les éléments des stratégies orientées vers la flexicurité en Europe (dont la responsabilité revient aux Etats membres), la Présidence souligne que: (1) ces stratégies tentent de définir les voies et moyens de créer un équilibre entre flexibilité et sécurité sociale en Europe (et que, en principe, les éléments de sécurité sociale doivent être fournis par le secteur public). Pour encourager la flexicurité, il faut une politique du marché du travail active et une politique de promotion du capital humain, afin d'avoir un niveau d'emploi élevé et de pouvoir passer rapidement d'un emploi à l'autre, tout en améliorant la productivité. L'exemple danois sera présenté au cours des discussions ; (2) il faut favoriser une transition aisée entre le travail salarié et le travail indépendant. L'esprit d'entreprise devient de plus en plus important dans cette période rapide de changement structurel, et la flexicurité est une aide précieuse, comme en témoigne la situation en Suède ; (3) des exemples d'emplois flexibles sont le travail à temps partiel ou à durée déterminée avec, à l'appui, le cas hollandais ; (4) la création et le maintien de mécanismes adéquats de protection sociale sont une condition sine qua non pour la flexibilité et la compétitivité. La Présidence cite entre autres la proposition de directive sur la portabilité des systèmes de pension complémentaire et l'exemple autrichien de « Betriebspensionsgesetz » (législation sur les retraites professionnelles dans l'entreprise).
Les résultats des discussions seront résumés et présentés lors d'une conférence sur « L'innovation dans la politique internationale du marché du travail - Nouvelles solutions dans un marché du travail en plein changement », qui se tiendra à Vienne les 16 et 17 février. Ce débat exploratoire constituera également une contribution au futur Livre vert de la Commission sur le développement du droit du travail.
II) Dimension sociale de la stratégie de Lisbonne révisée. La Présidence explique dans sa contribution en quoi consiste la rationalisation des systèmes de protection et d'inclusion sociale et ce que signifie la politique sociale dans le contexte de la stratégie de Lisbonne, et rappelle le contenu de la communication de la Commission européenne dans ce domaine, avec en point d'orgue la méthode ouverte de coordination. La Présidence invite les ministres à répondre aux questions suivantes: (1) comment peut-on renforcer la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne révisée, comment rendre cette dimension plus visible et quelles sont les expériences tirées de vos programmes nationaux de réforme qui peuvent contribuer à cet objectif ?; (2) comment le processus de rationalisation peut-il soutenir la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, la modernisation des systèmes de retraite et des soins de santé et à long terme ? Quels résultats concrets attendez-vous ?