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Bulletin Quotidien Europe N° 9056
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/tremblement de terre/asie

Plus d'argent frais dans un Fonds d'urgence global ne résoudra pas tout, estime Louis Michel - appel à une discussion sur la création éventuelle d'un état-major de crise dans l'UE

Leeds, 25/10/2005 (Agence Europe) - Plus d'argent pour venir en aide aux survivants du tremblement de terre du 8 octobre au Pakistan, c'est bien, mais ça ne fera pas tout: l'absorption des fonds et la flexibilité dans leur déboursement ne dépendent pas du volume des sommes disponibles mais de bien d'autres facteurs. En défendant cette thèse, lundi à Leeds, à l'occasion du Conseil informel Développement (EUROPE n° 9055), le Commissaire Louis Michel a jeté un pavé dans la mare, à deux jours de la conférence des donateurs pour le Pakistan organisée mercredi à Genève par les Nations unies. Commentant l'appel de Jan Egeland, coordonnateur de l'aide humanitaire des Nations unies (UNOCHA), au versement d'argent frais dans un nouveau fonds global d'urgence de l'ONU, le Commissaire a déclaré à quelques journalistes: « Je ne suis pas contre, mais il faut discuter. Je veux d'abord savoir si avec davantage d'argent nous serons plus opérationnels, plus efficaces. Ce n'est pas sûr. Il faut la capacité de mobiliser la logistique. Or, parfois, c'est des chevaux qu'il faut pour accéder aux victimes. Et y aura-t-il les ressources humaines nécessaires pour coordonner l'aide? ECHO (le service d'aide humanitaire de la Commission: NDLR) est le plus flexible des systèmes d'aide. Pensons déjà à utiliser l'argent disponible ».

Sur les 3,6 millions d'euros d'aide d'urgence déboursés par la Commission européenne au lendemain du tremblement de terre, tout n'a pas encore été dépensé: à ce jour, quelque 2,9 millions ont été sollicités par des partenaires autres que les Nations unies. En annonçant lundi à Leeds, la demande de la Commission visant la mobilisation de 80 millions d'euros supplémentaires sur la réserve du budget communautaire 2005/2006 pour l'aide humanitaire (30 millions) et la reconstruction (50 millions), la Commission a réaffirmé l'engagement durable de l'UE auprès des populations sinistrées. Ce que veut le Commissaire ce sont « des garanties pratiques » concernant l'efficacité d'un futur fonds d'urgence de l'ONU et la transparence des règles d'engagement. Et de s'insurger contre la position « très peu nuancée » de l'ONG Oxfam international, qui dans son rapport intitulé « Financement prévisible pour les urgences humanitaires » dénonçait, lundi, l' « échec des gouvernements à répondre à l'appel urgent visant le financement d'un fonds global d'urgence de 1 milliard de dollars » et déplorait que « deux semaines après le tremblement de terre au Pakistan, l'ONU soit contrainte de passer son temps à mendier des fonds auprès de l'UE et d'autres riches donateurs au lieu de pouvoir se concentrer exclusivement sur les vies à sauver ». Ce n'est pas parce qu'on aura un demi-milliard dans le fonds qu'on sera plus flexible, martèle le Commissaire. Bien plus que de l'argent, c'est, selon lui, d'un « état-major de crise avec un membre par pays » dont l'UE aurait besoin, pour « une capacité d'intervention rapide », dans l'esprit de ce qu'avait proposé, en son temps, le Commissaire Michel Barnier.

« Il serait utile qu'au niveau de l'UE on suscite une réunion avec tous les Etats membres pour voir si chacun serait prêt à mettre à la disposition des acteurs internationaux, en permanence, une certaine logistique minimale, comme des hélicoptères et des avions à mobiliser très vite », a déclaré Louis Michel, satisfait que « le président britannique du Conseil Hilary Benn soit assez pour ».

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