Bruxelles, 13/10/2005 (Agence Europe) - La présence en Roumanie d'un virus de la grippe aviaire comportant une protéine H5 a été confirmée dans la nuit de mercredi à jeudi, mais des tests complémentaires sur l'autre protéine, effectués par le laboratoire communautaire de référence (CRL) de Weybridge, devraient permettre de déterminer s'il s'agit ou non du virus H5N1. Ce revirement de situation en Roumanie ne reflète ni une erreur ni un manque de transparence des vétérinaires et des laboratoires roumains, mais il s'explique plutôt par le fait que les tests d'isolation du virus exigent des délais plus longs que les tests sérologiques, a précisé jeudi à Bruxelles une experte de la DG Santé de la Commission. « La coopération avec les autorités roumaines et les vétérinaires a été excellente depuis le début », a-t-elle assuré. Comme elle l'avait fait lundi pour la Turquie, la Commission a décidé jeudi d'imposer un embargo sur les importations de viande de poulet, d'oiseaux vivants et d'autres produits issus de la volaille en provenance de Roumanie, une mesure valable pour toute l'UE et pour la Bulgarie, où des tests sérologiques sont en cours.
S'agissant de la Turquie, le CRL a indiqué jeudi matin que le virus de grippe aviaire isolé est de type H5N1. « Il y a donc une relation directe avec la souche identifiée en Asie et en Russie », a déclaré à la presse le Commissaire chargé de la santé Markos Kyprianou, de sorte qu'on ne peut plus exclure le rôle joué par les oiseaux migrateurs dans l'extension du virus de la grippe aviaire, a fortiori si l'on examine les routes empruntées par ces oiseaux. Le comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, réuni d'urgence à Bruxelles jeudi après-midi, devait discuter des mesures de prévention et d'éradication adéquates à prendre pour éviter les risques de transmission. La vaccination des oiseaux ne fait que protéger les oiseaux contre le virus sans freiner la transmission, a rappelé le Commissaire Kyprianou. Il faut surtout réduire au maximum les contacts entre les oiseaux sauvages et domestiques. « Nous travaillerons en partant de l'hypothèse que le virus en Roumanie est le même qu'en Turquie, quitte à revoir les mesures si la souche est différente », a déclaré M. Kyprianou. Des experts ornithologiques discuteront vendredi des risques posés par les oiseaux migrateurs. En attendant, la Commission a proposé assistance et expertise aux pays touchés par le virus de la grippe aviaire, et elle recommande aux personnes qui se rendent dans ces pays d'éviter les zones à risque.