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Bulletin Quotidien Europe N° 9048
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/conseil jai/ceuta et melilla

Les Etats membres de l'Union européenne soutiennent la Commission européenne - Franco Frattini annonce un renforcement de la coopération avec le Maroc et le développement d'une stratégie politique - Antonio Guterres: l'Europe doit rester un continent d'asile

Luxembourg, 13/10/2005 (Agence Europe) - Les discussions sur les proportions dramatiques prises par l'arrivée des clandestins à Ceuta et Melilla sont devenues l'un des moments les plus importants du Conseil Justice et affaires intérieures le 12 octobre à Luxembourg. Comme promis, le Commissaire Franco Frattini a informé les ministres des 25 sur les résultats de la mission technique d'évaluation de la Commission qui s'est rendue dans les enclaves espagnoles (voir EUROPE n° 9041). Selon le Commissaire chargé de la Justice, de la liberté et de la sécurité, cette mission a confirmé l'ampleur de la crise. « L'Europe doit agir dans l'urgence », a-t-il lancé. Le ministre britannique de l'Intérieur Charles Clarke, président du Conseil, a noté devant la presse que « les Etats membres se rallient à la volonté de la Commission européenne de prendre des mesures pour faire face à cette tragédie » (voir autre nouvelle sur le débat au Parlement européen).

La situation ne semble pas s'améliorer car, comme l'ont indiqué les autorités espagnoles, environ 20 000 immigrants attendent en Algérie prêts à se rendre vers Ceuta et Melilla, alors que 10 000 autres sont déjà au Maroc. Lors du Conseil JAI, le ministre espagnol de la Justice, Juan Fernando Lopez Agular, a souhaité qu'une « action énergique soit menée entre le Maroc et l'Union européenne ». De son côté, le ministre marocain de l'Intérieur El Mostafa Sahel estimait il y a encore quelques jours que « le Maroc doit bénéficier d'un véritable plan Marshall de la part de l'Europe et de la bonne compréhension des pays subsahariens, pour gérer au mieux la question migratoire ». Les autorités marocaines, qui font l'objet de pressions pour endiguer le flot de clandestins en provenance d'Afrique subsaharienne, continuent à refouler des centaines de personnes qui transitent sur leur sol pour tenter de passer en Europe. Une source européenne précise que « les Marocains veulent que l'UE mette plus d'argent sur la table car ils ne veulent pas continuer à garder gratuitement les frontières ».

Le Commissaire Franco Frattini a précisé que l'Union européenne était « prête à accroître sa coopération avec le Maroc », rappelant qu'un « consortium » a été créé le 3 octobre « pour examiner les actions que l'Union européenne pourrait mener pour aider le Maroc ». Outre les 40 millions d'euros déjà débloqués pour le Maroc dans le but de sécuriser ses frontières, Franco Frattini a annoncé que, d'ici la fin de l'année, « l'Agence des frontières assurera la formation des agents présents à la frontière hispano-marocaine ». Une nouvelle enveloppe de 15 millions d'euros devrait être accordée au Maroc en 2006 dans le cadre du programme MEDA, et l'Union européenne apportera son assistance au Maroc pour lutter contre les trafiquants d'êtres humains qui « fabriquent de véritables candidats à l'esclavage », souligne une source européenne.

Soulignant la nécessité d'une approche globale, Franco Frattini a aussi insisté sur « le développement d'une stratégie politique de l'Union européenne pour lutter efficacement contre l'immigration illégale ». Selon le Commissaire, « il faut accélérer les négociations sur les accords de réadmission avec le Maroc » et en même temps « intensifier le dialogue et la coopération avec le Maroc, mais aussi avec l'Algérie et les pays d'origine des immigrants ». Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a appelé lui aussi à un engagement de la communauté internationale à la hauteur du problème, soulignant le rôle moteur que l'Europe doit jouer. Les événements de Ceuta et Melilla sont le symptôme d'un phénomène pour lequel il faut un traitement approprié, « mais la maladie exige une action encore bien plus large », a averti l'ancien Premier ministre portugais, en soulignant aussi que « l'Europe est et doit rester un continent d'asile ». Franco Frattini a indiqué que l'Union Européenne serait « prête à envoyer une mission pour évaluer les besoins des pays de l'Afrique subsaharienne », dont les ressortissants représentent selon lui 95% des clandestins qui tentent d'entrer à Ceuta et Melilla. « Leurs problèmes sont nos problèmes », a pour sa part jugé Christian Estrosi, ministre français responsable de l'aménagement du territoire, qui précise que « si on ne traite pas ensemble les trois problèmes (du pays d'origine, du pays de transit et du pays de destination: NdlR), on ne règlera rien ».

L'agenda de l'UE pour cette fin d'année prévoit plusieurs rencontres où le thème de l'immigration aura une grande place: une rencontre entre l'UE et l'Algérie au courant de décembre, une réunion les 1er et 2 décembre avec l'Union Africaine où seront notamment abordés les thèmes de l'immigration illégale et du trafic d'êtres humains (voir EUROPE n° 9047 au sujet des déclarations faites à Bruxelles par le président de la Commission de l'Union africaine Alpha Ouma Konaré). Ces questions seront discutées aussi dans le cadre du partenariat euroméditérranéen et du Sommet de Barcelone qui célèbrera en novembre le dixième anniversaire de ce partenariat.

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