Bruxelles, 13/10/2005 (Agence Europe) - La première réunion de conciliation sur la nouvelle proposition de directive relative à la qualité des eaux de baignade a été couronnée de succès, mardi à Bruxelles. En un tournemain, Parlement et Conseil sont parvenus à un accord sur un texte qui vise à mettre à jour une directive vieille de presque trente ans, à réduire les risques pour la santé des baigneurs en se concentrant sur les deux critères les plus pertinents (entérocoques intestinaux et Escherischia coli), et à moderniser la gestion des eaux de baignade dans l'UE tout en facilitant la tâche des Etats membres qui ont eu le plus grand mal à mettre en œuvre la législation actuelle (directive 76/160/CEE). Au terme des négociations préparatoires, des divergences persistaient, en particulier sur les normes à appliquer à un nouveau statut de qualité de l'eau - « qualité suffisante » qui s'ajouterait aux statuts de « qualité excellente » et de « bonne qualité » dans la classification des eaux (EUROPE n° 9039). Sur ce point, la conciliation a permis d'aboutir à des valeurs de références plus sévères que celles proposées par le Conseil aussi bien pour les eaux intérieures que pour les eaux côtières, pour obtenir une diminution estimée du risque sanitaire pour les baigneurs de 8 à 12% environ. Ainsi, les paramètres pour les entérocoques intestinaux seront de 330 pour les eaux intérieures et de 185 pour les eaux côtières, mesurés à 90 percentiles. Les valeurs pour la bactérie Escherichia coli n'ont pas été modifiées. Les députés ayant obtenu satisfaction sur un renforcement des normes ont renoncé sans difficulté à leur exigence de limiter ce statut de « qualité satisfaisante » à une période transitoire de huit ans. La date de remise du rapport de révision que la Commission européenne devra soumettre au Parlement a été avancée à 2008 (au lieu de 2018), et ce rapport devra contenir une analyse sur les virus. Sur cette base, la Commission devra procéder au plus tard en 2020 à une révision de la directive. On envisagera alors la disparition du critère de « qualité suffisante » des eaux. Pour l'information au public, le Parlement a obtenu que les Etats membres s'engagent à fournir une information permanente aux baigneurs (une nouvelle signalétique devra figurer sur tous les lieux de baignade, les résultats des analyses régulières seront rapidement accessibles, notamment sur Internet, afin de disposer d'une information en temps réel).
Antonio Trakatellis (PPE-DE, grec), qui a conduit la délégation parlementaire lors de la conciliation, Jules Maaten (ALDE, néerlandais), rapporteur et Caroline Jackson (PPE-DE, britannique), rapporteur fictif, se réjouissent de ce résultat qui couronne de succès « un long combat » et « permettra une amélioration significative de la qualité des eaux de baignade en Europe aux cours des prochaines années ». Dans un communiqué, Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement, note que cette nouvelle directive « renforcera, en les simplifiant, les normes sanitaires applicables aux eaux de baignade, améliorera la gestion des sites de baignade et l'information du public et rationalisera les programmes de surveillance de la qualité des eaux ».