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Bulletin Quotidien Europe N° 9048
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/immigration

La majorité du Parlement contre une approche purement répressive - M. Baron demande une initiative du sommet de Hampton Court

Bruxelles, 13/10/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen, inquiet et choqué par les conditions au centre d'accueil de demandeurs d'asile à Lampedusa en Sicile et les événements tragiques dans les enclaves de Ceuta et Melilla, a interrogé Conseil et Commission sur le problème de l'immigration dans l'UE, mercredi pendant la plénière de Bruxelles (voir autres nouvelles au sujet de la discussion au Conseil JAI et des propositions de la Commission européenne). Pour la présidence du Conseil, Douglas Alexander, sans évoquer Ceuta et Melilla, a reconnu l'ampleur sans précédent des flux d'immigration dans l'UE, et la charge que cela représente surtout pour les pays membres de la Méditerranée, tout en notant que le problème affecte toute l'Europe et ses voisins, et pas seulement l'Italie, l'Espagne et Malte. Le ministre britannique chargé des Affaires européennes a souligné l'importance de disposer de normes communes européennes sur l'asile et l'immigration, d'améliorer le contrôle des frontières, mais aussi de coopérer avec les pays d'origine (un accord de réadmission a été conclu avec la Russie, et il y a des progrès dans les discussions avec le Maroc, a-t-il rappelé) et la Libye. A propos de la situation à Ceuta et Melilla, le Commissaire européen Jan Figel (remplaçant son collègue Frattini qui était au Conseil à Luxembourg) a admis que la solution n'est pas de construire des murs et des barrières. En estimant que l'UE devra faire face au problème de l'immigration « aujourd'hui, demain et après-demain », parce que l'Europe est devenue « un endroit plus attrayant », M. Figel a insisté sur la nécessité de garantir des normes adéquates dans les centres d'accueil des immigrés dans plusieurs Etats membres, et a salué dans ce contexte les visites faites par des députés européens à Lampedusa. M.Figel a confirmé que la Commission présentera avant la fin de l'année un plan d'action sur les migrants légaux.

Au cours du débat, la plupart des députés ont demandé que l'UE ne suive pas une approche purement répressive. Seules voix discordantes, celles de Mario Borghezio (Lega Nord, groupe Indépendance et démocratie) qui a réclamé la fermeture des frontières et estimé que l'UE devrait être reconnaissante envers le gouvernement italien pour avoir dépensé tant d'argent pour Lampedusa, et de Frank Vanhecke (Vlaams Belang, extrême-droite belge, non inscrit), qui a considéré que l'Espagne et d'autres pays européens sont responsables de la crise actuelle, à cause de leur générosité excessive envers les immigrants. Il faut plus d'argent pour améliorer la situation dans les centres d'accueil existants, a estimé pour sa part Romano La Russa (UEN, italien), alors que Guido Catania (GUE, italien) a vivement critiqué le gouvernement italien, notamment pour avoir transféré ailleurs (juste avant l'arrivée d'un groupe de députés européens) des demandeurs d'asile qui se trouvaient à Lampedusa. Les images de Ceuta et Melilla ne sont que « le sommet de l'iceberg », ont averti plusieurs orateurs, dont la démocrate-chrétienne allemande Ewa Klamt, qui s'est exclamée, à propos de l'idée d'établir des centres d'accueil en dehors de l'UE: « Transporter des gens dans des déserts, c'est inhumain, et c'est une capitulation ». « L'Europe forteresse est une chimère », a renchéri la socialiste française Martine Roure, pour qui l'UE doit plutôt œuvrer pour éliminer la pauvreté. Le socialiste espagnol Enrique Baron a demandé que le Sommet informel de Hampton Court prenne une initiative, par exemple une sorte de « Plan Marshall pour l'Afrique », et s'est aussi prononcé pour la tenue d'une Conférence euro-africaine sur les migrations (avec la participation de l'UE, de l'ONU et des pays africains) comme proposé par les gouvernements espagnol et marocain. Les murs et les camps, ce n'est pas la solution, s'est écriée la verte néerlandaise Kathalijne Buitenweg, en ajoutant: une délégation de la Commission s'est rendue à Ceuta et Melilla, et il faut maintenant que le Commissaire Frattini assure « un monitorage semblable à Malte et à Lampedusa ». Le président du groupe libéral Graham Watson a noté que des milliers de personnes s'amassaient à quinze kilomètres de Gibraltar, sa circonscription électorale - des personnes malades, affamées et exploitées par des bandes criminelles, a-t-il dit, en lançant: « Les pauvres votent avec leurs pieds. Ou bien nous acceptons leurs produits, ou bien nous devons accepter leurs migrants ».

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