Luxembourg, 03/10/2005 (Agence Europe) - Le procureur général du Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY), Carla del Ponte, a fait savoir le 3 octobre aux ministres des Affaires étrangères de l'UE que, selon elle, le gouvernement de Croatie « depuis quelques semaines » coopère pleinement avec le TPIY. Si les Etats membres partagent cette évaluation - et il n'y a aucune raison de croire qu'ils ne feront pas, d'autant plus qu'ils ont toujours souligné l'importance cruciale qu'ils attachent au jugement de Mme del Ponte sur cette question - le dernier obstacle à l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Croatie sera levé. L'UE, en effet, a toujours dit qu'elle était prête à entamer les pourparlers d'adhésion avec Zagreb « immédiatement » après que le gouvernement croate aura rempli la dernière condition, celle de coopérer entièrement avec le tribunal de La Haye. Lundi en fin d'après-midi, à l'heure de mettre sous presse, il n'était pas encore clair quelles conclusions immédiates le Conseil « Affaires générales/relations extérieures » allait tirer de la déclaration faite par Mme del Ponte à la Task Force (réduite) de l'UE, présidée par Jack Straw. Il était prévu que le Conseil traite encore du cas croate en session formelle en début de soirée (dès que la question turque aura été réglée, voir autre nouvelle) et on attendait que les ministres récompensent la Croatie pour cette évolution positive, par exemple en offrant une date précise pour l'ouverture des négociations d'adhésion dans un très bref délai.
Devant la Task Force sur la Croatie, Mme del Ponte a affirmé que le général croate fugitif Ante Gotovina se trouve en Croatie ou en Bosnie, très probablement dans un monastère franciscain (elle a aussi réitéré sa critique à l'égard du Vatican pour son « manque de volonté » à coopérer avec le TPIY). « La question centrale est de savoir si le gouvernement croate pourrait faire plus pour localiser et arrêter Gotovina. ( …) Selon mes informations, le gouvernement semble avoir la volonté politique nécessaire pour localiser, arrêter et transférer le fugitif. Transformer cette détermination en résultats tangibles (…) reste le défi principal », a dit Mme del Ponte. Sa conclusion: « Je peux confirmer que la Croatie répond de manière satisfaisante à toutes mes demandes. Des échanges intenses ont lieu tous les jours pour localiser et arrêter Ante Gotovina. Il est essentiel que la Croatie continue de travailler avec la même intensité. (…) A la lumière de tout cela, je peux dire que, depuis quelques semaines, la Croatie a coopéré pleinement avec nous et qu'elle fait tout ce qu'elle peut faire pour localiser et arrêter Ante Gotovina. Si la Croatie continue à travailler avec la même détermination et intensité, je suis confiante qu'il pourra être arrêté et transféré à La Haye très bientôt ».
Vendredi dernier, lors de sa visite à Zagreb, Mme del Ponte s'était encore déclarée « déçue » de la coopération du gouvernement croate avec le TPIY. « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis déçue. Le Premier ministre (croate) m'a promis une totale coopération, mais nous avons toujours le même problème », avait déclaré Mme Del Ponte à la presse à Zagreb. Elle avait toute de même reconnu « certains développements positifs au cours des derniers mois et semaines ».