Bruxelles, 03/10/2005 (Agence Europe) - Suite à l'interdiction du congrès de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), le Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme (REMDH) cite dans un communiqué diffusé jeudi dernier Souhayr Belhassen, vice-président de la LTDH, affirmant: « Le régime a perdu d'avance, s'il pense pouvoir nous réduire au silence. Notre combat pour la liberté de parole s'est mué en résistance » (voir la déclaration de l'UE dans EUROPE n° 9027, et la résolution du PE dans EUROPE n° 9039). La quasi-totalité des présidents et vice-présidents de la LTDH ont publié un texte qui souligne la responsabilité du gouvernement dans cette affaire malgré ses dénégations.
Le REMDH attire dans le même communiqué l'attention sur les droits de l'Homme en Syrie et en Algérie. « Au cours des deux dernières semaines, les autorités gouvernementales syriennes, algériennes et tunisiennes ont interrompu ou perturbé les assemblées générales d'ONG locales, ou les ont empêchées de tenir leur congrès », signale-t-il. Les CDF, la LADDH et la LTDH, tous membres du Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme, ont été victimes de tels harcèlements.
Nous regrettons que dix ans après le processus de Barcelone - qui a fait des droits de l'Homme le noyau de la coopération dans la Méditerranée - les pays partenaires continuent de se comporter comme si rien ne s'était passé, explique le président du REMDH, Kamel Jendoubi, qui ajoute: « Ces dernières actions contre des organisations des droits de l'Homme respectables constituent des violations des droits fondamentaux de l'Homme. Porter atteinte à la liberté de réunion et de parole vient totalement contredire l'esprit de la Déclaration de Barcelone, qui vise à promouvoir les droits de l'Homme, l'Etat de droit et la coopération avec la société civile ».