Strasbourg, 03/10/2005 (Agence Europe) - Les députés européens ont exprimé leur préoccupation face aux carences de la sécurité routière en Europe, en approuvant le 28 septembre en plénière, le rapport d'initiative d'Ari Vatanen (PPE-DE, finlandais élu en France), à large majorité. Les députés prônent une « approche systémique intégrée », qui souligne la responsabilité partagée de tous, l'engagement de chacun, allant du comportement des usagers à la construction d'un réseau routier plus sûr. Tout en reconnaissant que la sécurité sur les routes relève strictement du principe de subsidiarité, le Parlement invite la Commission européenne à élaborer un cadre communautaire général et permanent de la sécurité routière, à développer une analyse coût-efficacité et à promouvoir la coordination et l'échange de bonnes pratiques, afin d'atteindre d'ici 2010 l'objectif de réduire de moitié le nombre de tués sur la route. Avec 43 000 victimes en 2004, les accidents de la route constituent la principale cause de décès chez les moins de 50 ans, tandis que les coûts directs et indirects représentent environ 180 milliards d'euros, soit 2% du PIB de l'UE des 25, un constat que le rapporteur juge « inacceptable ». M. Vatanen espère que l'adoption de ce rapport sera un « signal fort à l'égard des Etats membres et de la Commission, pour que la sécurité routière devienne leur priorité ».
Dans la mesure où la plupart des accidents résultent du non-respect du code de la route, les députés insistent sur la possibilité, pour les Etats membres, de poursuivre les contrevenants originaires d'un autre Etat de l'UE et de leur imposer des sanctions. Ils mettent aussi l'accent sur la formation des conducteurs, en particulier des plus jeunes, et sur l'éducation tout au long de la vie, ainsi que sur l'instauration rapide du permis de conduire européen. Par ailleurs, ils se prononcent pour la recommandation de la Commission européenne de fixer le taux d'alcoolémie maximale autorisé à
0,5 mg/ml (JO L 43 du 14.2.2002) et sollicitent tous les Etats membres à imposer ce plafond.
Les députés souhaitent aussi une plus grande harmonisation de la signalisation routière et de l'information des automobilistes, et ils invitent la Commission à s'attaquer au problème de la surabondance des panneaux et à faire en sorte que le numéro d'appel d'urgence européen 112 soit davantage connu de tous. Constatant que le risque de décès à moto ou à cyclomoteur est 17 fois plus élevé qu'en voiture, et que la marche ou le déplacement à vélo sont jusqu'à 9 fois plus risqués, les députés souhaitent des mesures à l'égard des usagers les plus vulnérables de la routes (jeunes, vélos, motos, piétons). Ainsi, les tests du programme européen d'évaluation des nouveaux modèles de voitures EuroNCAP devraient accorder une plus grande attention à la sécurité des piétons. Le Parlement regrette dans ce contexte que le troisième programme d'action européen pour la sécurité routière n'aborde suffisamment les problèmes de la sécurité routière dans les agglomérations les plus peuplées, où se produit une grande partie des accidents. La Commission, dit-il, devrait promouvoir l'application de la Charte européenne de la sécurité routière grâce à des ressources financières adéquates et une stratégie de communication renforcée, en coordonnant des campagnes au niveau européen et en décernant chaque année un prix de la sécurité routière qui devrait faire l'objet d'une large publicité.
La sécurité routière passe aussi par la promotion de la rénovation du parc automobile. Les députés prônent le remplacement des taxes d'immatriculation par des taxes routières annuelles, et l'accélération de l'extension des programmes EuroRAP (European Road Assessment Programme) et EuroTAP (European Tunnel Assessment Programme) à tous les Etats membres de l'UE et à l'ensemble des principaux tunnels et routes. Les députés estiment que l'utilisation de nouvelles technologies - système de rappel de la ceinture de sécurité et de limitation de vitesse, verrous anti-alcool, application systématique du système d'appel automatique d'urgence eCall dans les nouveaux véhicules d'ici 2009 - pourraient potentiellement réduire le nombre de tués sur les routes en amenant les conducteurs à modifier leur comportement. Si chacun portait sa ceinture, respectait les limites de vitesse et ne conduisait pas sous l'emprise de l'alcool, les accidents mortels diminueraient de 60% et l'objectif de réduire de moitié le nombre de victimes sur la route serait atteint, souligne le Parlement. Mais pour que l'introduction de ces nouvelles technologies soit attractive pour les clients et les commerçants, « les Etats membres devraient prendre des mesures d'incitation fiscale en faveur des véhicules qui respectent les normes communautaires », estime Dieter-Lebrecht Koch (PPE-DE, allemand).
Mercredi dernier, à Strasbourg, le Parlement a aussi demandé de coordonner le programme d'action européen pour la sécurité routière avec le programme d'action pour la protection de l'environnement.