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Bulletin Quotidien Europe N° 9040
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/amis de l'europe/russie

Dans le premier numéro de Europe's World, Bronislaw Geremek incite à la fermete à l'égard de Moscou

Bruxelles, 03/10/2005 (Agence Europe) - Le think tank Les Amis de l'Europe d'Etienne Davignon a publié le 3 octobre le premier numéro de sa revue Europe's World, qui sortira trois fois par an, et qui est saluée par des messages chaleureux des présidents du Parlement européen et de la Commission européenne, Josep Borrell et José Manuel Barroso, ainsi que du Secrétaire général du Conseil de l'UE et Haut représentant pour la PESC Javier Solana.

Dans ce premier numéro, le député européen et ancien ministre polonais des Affaires étrangères Bronislaw Geremek explique « Pourquoi l'Europe manque encore d'une politique pour la Russie ». Sans ambages, il constate que, alors que les Russes considèrent les Etats-Unis comme un modèle de succès, « l'Europe est vue comme à peine plus que le parent pauvre de l'Amérique ». « L'Europe est le seul territoire où la Russie joue encore avec l'idée d'exercer un rôle de superpuissance », déplore M. Geremek, en notant « l'attitude soumise » de Moscou vis-à-vis de « n'importe quel maître de la Maison Blanche », en contraste avec son « comportement hautain et parfois arrogant à l'égard de l'Union européenne ». En même temps, M.Geremek juge sévèrement la politique de l'UE à l'égard de la Russie et les « documents stratégiques » publiés au cours des dernières années par les institutions européennes, en citant comme « honorable exception » le rapport de sa collègue Cecilia Malmström (libérale suédoise) adopté par le Parlement en juin dernier et réclamant que l'UE redéfinisse enfin sa politique vis-à-vis de Moscou. L'Union européenne ne saurait pas ignorer les conflits éclatés depuis la dissolution de l'Union soviétique ni la responsabilité de Moscou dans ces conflits, tout comme elle devrait être consciente du « problème de la démocratie » en Russie, qui est loin d'être résolu, avertit M. Geremek, qui s'en prend aux tendances « impériales » et « autoritaires » du président Poutine. Dans ces conditions, selon lui, l'Union européenne « ne devrait pas déclarer qu'une bonne relation avec la Russie est une priorité » ; ces relations sont simplement « aussi bonnes qu'elles peuvent l'être dans les circonstances actuelles », et l'UE « devrait envisager un plus grand rôle pour la Russie en Europe seulement à condition qu'elle accepte ses règles ». L'Union européenne, plaide l'ancien ministre polonais, « ne devrait pas laisser l'Estonie se défendre toute seule face au refus de la Russie de reconnaître la frontière russo-estonienne », et elle ne devrait pas non plus accepter que la Russie utilise ses ressources énergétiques « comme moyen d'exercer une pression politique sur ses voisins ». Dans ce bilan sévère, M. Geremek fait l'éloge du courage montré par Javier Solana, Alexander Kwasniewski et Valdas Adamkus pendant la révolution orange en Ukraine, alors qu'il stigmatise l'approche d'un certain nombre de pays européens consistant à « être gentils avec la Russie ». « Ceci ne peut qu'affaiblir la position de l'UE », met en garde M. Geremek, qui conclut: « Il est temps d'abandonner les stratégies privées en relation avec la Russie (…). Il est encore possible qu'une Russie moderne, démocratique, qui respecte les droits et le libertés apparaisse sur la scène politique ». Notons que cet article paraît la veille du Sommet UE/Russie, le 4 octobre à Londres.

Parmi les autres principaux articles de ce premier numéro, citons en particulier celui de l'ancienne Commissaire européenne aux Affaires sociales Anna Diamantopoulou, du parlementaire européen (et ancien Premier ministre danois) Poul Nyrup Rasmussen et d'Alan Mayhew, Professeur Jean Monnet à l'Institut européen de l'Université du Sussex, pour qui « ce dont Lisbonne a manqué, c'est de courage politique ». Au sujet des péripéties de la Constitution européenne, le président du Congrès des députés Manuel Marin (ancien Commissaire européen), écrit que « la première victime de la débâcle constitutionnelle est la démocratie », alors que Gianni Bonvicini de l'Istituto Affari Internazionali (IAI) de Rome fondé par Altiero Spinelli, explique que « le mécontentement a tué la Constitution de l'Europe: voici ce qu'il faut faire ». L'ancien Premier ministre suédois et ancien Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour les Balkans, Carl Bildt, avertit pour sa part que « la troisième chance de l'Europe de viser juste dans les Balkans pourrait être la dernière ». (Infos: http: / http://www.europesworld.org )

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