Varsovie, 13/05/2005 (Agence Europe) - La Pologne accueille le troisième Sommet du Conseil de l'Europe les 16 et 17 mai à Varsovie. Un Sommet convoqué pour revoir le mandat de l'organisation et sa place dans l'architecture institutionnelle de l'Europe.
Le Sommet sera ouvert lundi par le président polonais avant une première session consacrée à l'unité européenne et aux valeurs. Les chefs d'Etat ou de gouvernement devraient en profiter pour rappeler leur attachement aux droits de l'Homme, à la démocratie et à l'Etat de droit. La deuxième session, l'après-midi, permettra de passer en revue les défis posés aux sociétés européennes. En fin d'après-midi, les trois nouvelles conventions sur (1) la prévention du terrorisme, (2) la traite des êtres humains et (3) la lutte contre le blanchiment (il s'agit d'une actualisation de la Convention de 1990) seront ouvertes à la signature. Mardi matin, un débat consacré à l'architecture européenne précédera l'adoption d'une déclaration politique et d'un plan d'action. Le Sommet s'achèvera en fin de matinée juste après le passage des pouvoirs de la présidence du Comité des ministres de la Pologne au Portugal.
La déclaration politique et le plan d'action qui l'accompagne détermineront le futur mandat du Conseil de l'Europe et les travaux prioritaires. L'ambition de départ était de rééquilibrer les missions du Conseil et de concentrer son action sur ce que certains ambassadeurs ont qualifié de "sainte trinité": les droits de l'Homme, la démocratie et l'Etat de droit. Cette demande des pays membres de l'Union européenne s'est cependant heurtée aux résistances de certains pays d'Europe centrale et orientale qui souhaitent conserver la coopération dans des domaines aussi divers que l'environnement ou la cohésion sociale. Pour des pays non membres de l'UE, le Conseil de l'Europe demeure en effet le seul cadre de coopération disponible pour l'instant. Les activités menées par le Conseil de l'Europe dans les domaines de l'éducation et de la culture devraient aussi conserver une bonne place dans la mesure où ces politiques peuvent contribuer aux progrès de la démocratie. Le Sommet ne devrait donc pas engendrer de véritables bouleversements dans les activités du Conseil de l'Europe mais plutôt dégager certaines priorités et fournir des orientations pour réduire les duplications avec les autres organisations européennes, l'OSCE et l'UE. Mais là encore, le texte restera prudent en raison des craintes de la Russie quant à une éventuelle "instrumentalisation" du Conseil de l'Europe par l'UE. Le Sommet devrait néanmoins déboucher sur la création d'un forum pour l'avenir de la démocratie qui sera chargé de réfléchir autant aux faiblesses des démocraties naissantes qu'aux moyens de remédier aux crises de la démocratie et notamment aux phénomènes de perte de confiance et de faible participation des citoyens en Europe occidentale. A la suite du mémorandum du président Wildhaber, une nouvelle réflexion sur l'avenir de la Cour européenne des droits de l'Homme devrait aussi être lancée.
A quelques exceptions près, l'ensemble des chefs d'Etat ou de gouvernement ont confirmé leur participation. Parmi les absences annoncées figurent celles des présidents français Jacques Chirac, russe Vladimir Poutine et des Premiers ministres britannique Tony Blair, danois Anders Fogh Rasmussen, islandais Halidor Asgrimmsson, suédois Goran Persson. Quant au président du Conseil italien Silvio Berlusconi, il devrait être remplacé par Gianfranco Fini. La Commission européenne sera représentée par Benita Ferrero-Waldner.