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Bulletin Quotidien Europe N° 8926
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Les ministres examinent plus en détail les situations budgétaires de cinq Etats membres - L'Italie se rapproche d'une procédure pour déficit excessif - Préparation de la réunion des ministres des Finances du G7

Luxembourg, 12/04/2005 (Agence Europe) - A l'issue de la réunion de l'Eurogroupe du 11 avril, Jean-Claude Juncker a répété devant la presse que les situations budgétaires d'Allemagne, France, Italie, Grèce et Portugal,"ne cessent de nous causer des soucis". Si la menace d'une procédure pour déficit excessif à l'encontre de l'Italie se précise, "plusieurs mois supplémentaires seront nécessaires pour asseoir notre jugement" dans les cas de la France et de l'Allemagne, a-t-il ajouté. Sans juger utile de recourir à un avertissement plus ferme que par le passé, les ministres de la zone euro ont à nouveau regretté les mouvements désordonnés des taux de change. La position qui sera présentée à la réunion du G7 à Washington sera similaire aux précédentes, demandent que chaque région joue son rôle pour lutter contre les déséquilibres économiques globaux, et appelant les pays asiatiques à plus de flexibilité monétaire.

"J'ai l'intention de présenter à la Commission un rapport sur la base de l'article 104§3 du Traité", a déclaré à la presse le Commissaire aux affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia au sujet de l'Italie, précisant que ce sera fait "au mois de juin". D'après les récentes prévisions de printemps de la Commission, le déficit budgétaire de l'Italie pourrait atteindre -3,6% en 2005 et - 4,6% en 2006 (EUROPE n° 8920), mais le ministre italien des Finances, Domenico Siniscalco, avec lequel Joaquin Almunia s'est entretenu mardi, table lui, sur une croissance du PIB supérieure aux anticipations de la Commission. Avant de se décider d'une procédure pour déficit excessif contre Rome, il faudra aussi lever les doutes sur la situation des comptes publics italiens pour l'exercice 2004. A ce sujet, M. Almunia a espéré que les discussions entre Eurostat et les autorités statistiques italiennes seront conclues "le plus tôt possible" (EUROPE n° 8912), et M.Siniscalco a annoncé que de nouveaux chiffres budgétaires seront disponibles en mai.

La même procédure de l'article 104§3 pourrait être employée pour le Portugal, dont le déficit pourrait atteindre - 4,9% cette année, mais l'échéance pourrait être plus lointaine que pour l'Italie, a indiqué M. Almunia, qui attend d'examiner le programme de stabilité actualisé, qui doit être transmis au parlement portugais en mai.

La Grèce, en revanche, a fait "de très sérieux efforts" pour réduire son déficit, a constaté M. Juncker, qui estime qu'Athènes "répond aux exigences formulées" par le Conseil dans sa mise en demeure de février dernier. Le Portugal devra continuer d'appliquer avec une "extrème rigueur son budget 2005" et préparer des mesures pour 2006, a rappelé M. Almunia. Selon le programme de stabilité de la Grèce, le déficit devrait passer de - 6,1% en 2004 à - 3,7% en 2005 et retomber à - 2,9% en 2006. A 25, les ministres des Finances ont suivi sans surprise les recommandations de la Commission (EUROPE n°8922, p.12) et n'ont pas recommandé de passer à l'étape suivante de la procédure pour déficit excessif.

La France, qui, selon la Commission, présente un risque de dérapage de -3,4% en 2006, mais surtout l'Allemagne, pour laquelle les prévisions économiques font état d'un déficit de -3,3% dès cette année, restent sous surveillance budgétaire accrue. De nouvelles décisions seront peut être nécessaires dans les prochains mois, mais "pour l'instant les démarches effectuées par le passé sont suffisantes", a répété M. Almunia. Selon lui, Hans Eichel a reconnu que la situation allemande n'était "pas facile" et a assuré qu'il prendrait de nouvelles mesures si la situation l'exigeait. La Commission évaluera "après l'été" si de nouvelles recommandations s'avèrent nécessaires à l'encontre des deux pays, a assuré M. Almunia. D'ici là, l'ensemble des nouvelles règles du Pacte pourraient être en vigueur, puisque M. Almunia a l'intention de présenter au collège le 20 avril ses propositions de modification des réglements 1466/97 et 1467/97.

Abordant, la question des taux de change, les ministres n'ont pas dérogé à une rhétorique bien rodée. Avant de se rendre à la réunion des ministres des Finances du G7 à Washington le 16 avril, M. Juncker a annoncé qu'il y répétera, dans les mêmes termes, la déclaration faite en février à Londres (EUROPE n° 8883), à savoir que la "volatilité excessive et les mouvements désordonnés des taux de change sont indésirables pour la croissance économique". Une position assortie d'un message à destination notamment de la Chine qui appelle à une "appréciation ordonnée du taux de change de certaines monnaies asiatiques". Déjà qualifiée la semaine dernière par le Président de la BCE, Jean-Claude Trichet, de "très malvenue", la hausse des prix du pétrole sera aussi abordée à Washington. "Nous avons sous-estimé l'évolution des prix pétroliers", a reconnu M. Juncker, en demandant à la Commission de refaire une évaluation de l'impact des prix du pétrole pour une prochaine réunion de l'Eurogroupe. Prudent, il a estimé que les données sur les réserves stratégiques sont toujours "insuffisantes" et qu'il faut encore améliorer la transparence des informations des marchés pétroliers au niveau global.

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