Bruxelles, 12/04/2005 (Agence Europe) - La Commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, prend au sérieux les allégations de mauvais traitements infligés aux bovins exportés à coup de restitutions dans certains pays tiers. Elle a écrit le 8 avril aux ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE pour leur demander de vérifier la bonne mise en œuvre des procédures de contrôle prévues par le règlement de 2003 sur l'octroi de restitutions à l'exportation de bovins vivants et pour leur faire savoir qu'elle avait demandé à ses services d'examiner la possibilité de renforcer davantage les dispositions en cette matière.
La Commission européenne avait adopté en avril 2003 un nouveau règlement renforçant les règles sur l'octroi de restitutions à l'exportation de bovins vivants (EUROPE n°8441). Ces nouvelles mesures, qui s'appliquent depuis octobre 2003, prévoient notamment des contrôles plus sévères aux points de sortie de l'UE et sur le lieu de déchargement dans les pays tiers et la mise en place d'un nouveau type de sanction (refus de la restitution si un nombre donné d'animaux sont retrouvés morts). Le 3 février 2003, d'autres nouvelles dispositions sont entrées en vigueur limitant autant que possible les restitutions à l'exportation pour les bovins vivants destinés à l'abattage (voir EUROPE n°8392). Dans sa lettre, Mme Fischer Boel rappelle ces règles aux Etats membres de l'UE et leur demande de s'assurer du respect des procédures de contrôle requises.
Les mauvais traitements infligés à des bovins envoyés au Liban ont été rapportés le 6 avril par le « Groupe d'action dans l'intérêt des animaux » (GAIA), l'association britannique « Compassion in World Farming » (CIWF) et la « Coalition européenne pour les animaux de ferme » (ECL). Selon ces ONG, après un voyage en mer de douze journées dans des conditions déplorables (sans eau ni nourriture), les animaux arrivés au Liban sont abattus « sans étourdissement dans des abattoirs illégaux ». Ces organisations accusent l'UE de « subventionner la cruauté » étant donné que ces bovins sont vendus dans des pays tiers grâce à des restitutions à l'exportation. Selon les ONG, l'UE exporte chaque année 200.000 bœufs vivants vers le Moyen-Orient, et les Etats membres qui exportent le plus sont l'Allemagne, la France et l'Irlande. L'UE verserait 60 millions d'euros par an d'aide pour favoriser ce commerce. « Pour chaque animal exporté, une aide de 231 euros au maximum peut être perçue ; c'est plus que le salaire mensuel moyen au Liban », notent les ONG.