Bruxelles, 07/04/2005 (Agence Europe) - Friedrich-Wilhelm Graefe zu Baringdorf, vert allemand, membre du Parlement européen, s'indigne de l'entrée indue sur le territoire de l'UE du maïs génétiquement modifié BT10 exporté par les Etats-Unis (voir EUROPE N. 8919) et presse la Commission européenne d'enquêter sur les responsabilités dans cette affaire. « La firme Syngenta devra rendre des comptes sur le fait qu'elle a confondu pendant un an les semences de maïs BT 10 non autorisé pour la culture avec le maïs BT11 légalement autorisé dans l'UE. La Commission doit tirer au clair si Syngenta, en sa qualité de producteur et de commerçant de variétés de plantes génétiquement modifiées, a enfreint le protocole des Nations unies sur la biosécurité en ayant, « par inadvertance », mélangé pendant plus de quatre ans cette variété non autorisée avec d'autres variétés. La responsabilité des dommages nés de cette contamination OGM est à imputer aux auteurs », martèle l'eurodéputé. Friedrich Graefe zu Baringdorf s'était déjà fait, l'an dernier, le porte-voix de cette exigence, en tant que rapporteur au Parlement du dossier sur la coexistence des cultures OGM et conventionnelles/biologiques.
Le député met aussi la Commission européenne sur la sellette en lui demandant si un test est disponible pour identifier la contamination de denrées alimentaires et de fourrage pour animaux - et dans la négative, quand il le sera. Il ajoute « Si l'on est dans l'impossibilité d'identifier la contamination par le BT10, il faut d'urgence suspendre les importations de maïs BT 11 ». L'eurodéputé considère en outre qu'il appartient à la Commission de vérifier si Syngenta lui a dissimulé des informations qui étaient accessibles de longue date aux autorités américaines et d'éclaircir pourquoi les autorités américaines n'ont pas fait suivre ces informations à la Commission. « Pour éviter toute nouvelle contamination OGM dans l'UE, nous exigeons qu'à l'avenir, pour les importations de maïs en provenance des Etats-Unis, une garantie soit donnée de non contamination par le BT10 ou par tout autre OGM non autorisé dans l'UE », explique-t-il.
Interrogée par la presse sur la question des responsabilités et d'éventuelles mesures contre Syngenta, la porte-parole de la Commission européenne a répondu qu'il appartenait aux autorités américaines d'agir.