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Bulletin Quotidien Europe N° 8923
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

La BCE maintient ses taux, mais considère que l'inflation annuelle devrait rester supérieure à 2% dans les prochains mois

Bruxelles, 07/04/2005 (Agence Europe) - Jeudi, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne n'a pas modifié les taux de la zone euro, qui s'établissent toujours à 2% pour le taux appliqué aux opérations principales de refinancement, à 3% pour la facilité de prêt marginal et à 1% pour la facilité de dépôt. « Nous n'avons pas constaté jusqu'ici d'effets secondaires qui seraient très mauvais pour l'inflation et la croissance », a indiqué devant la presse le Président de la BCE Jean-Claude Trichet, qui estime que les acteurs du marché savent que « si c'était nécessaire, nous augmenterions tout de suite les taux ». Selon lui, il n'y a pas de preuve significative de pression inflationniste sous-jacente au niveau interne, mais les risques pour la stabilité des prix à moyen terme, notamment en raison d'une hausse « malvenue » des prix du pétrole, nécessitent « une vigilance continue ».

Les estimations de l'inflation pour le mois de mars sont inchangées par rapport au chiffre de février (2,1%), mais les taux annuels devraient rester « quelque peu supérieur à 2% », a toutefois averti Jean-Claude Trichet, qui n'anticipe plus de retour sous les 2% dans le courant de l'année. Sans donner de chiffres précis, ni se référer aux prévisions de printemps publiés cette semaine par la Commission (qui envisage 1,6% de croissance en 2005 et 2,1% en 2006 pour la zone euro: EUROPE n° 8920), M. Trichet a confirmé que les données récentes sur l'activité économique sont « mitigées » et pointent en direction d'une croissance « modérée », sans montrer de « renforcement des dynamiques sous-jacentes ». M. Trichet a souligné le rôle de la demande interne, en estimant que les « conditions très favorables » pour les investissements sont réunies et que « la consommation privée devrait se développer en ligne avec la croissance du revenu réel disponible ». Selon lui, la croissance mondiale reste suffisamment « solide » pour offrir un « environnement favorable aux exportations de la zone euro ». Il a aussi refusé de se fonder uniquement sur des anticipations de croissance plus pessimiste des marchés obligataires, qui évoquent « certains signaux de croissance déprimée ».

La persistance de prix élevés du pétrole constitue la principale ombre au tableau, a reconnu M. Trichet. Compte tenu des « augmentations récentes très significatives » des prix du baril, à « un niveau très élevé » (environ 57 dollars), M. Trichet a jugé que « dans les mois à venir, nous aurons peut être à observer un dépassement des 2% (d'inflation) ». « Il importe que les consommateurs soient aussi économes que possible » en matière d'énergie, a-t-il lancé.

Quant à l'assainissement budgétaire, M. Trichet a estimé « préoccupantes » les perspectives de plusieurs Etats membres dont les déséquilibres ne se résorbent pas et, dans certains cas, devraient même augmenter. Dès lors, il réitère son « message très fort » en faveur d'une mise en oeuvre « stricte » par le Conseil Ecofin et la Commission du nouvel accord sur le Pacte de stabilité.

Interrogé sur les conséquences d'un éventuel rejet de la Constitution en France, l'ancien gouverneur de la Banque de France a dit ne pas avoir « d'autres hypothèses de travail qu'une approbation et une ratification » de ce texte.

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