Bruxelles, 07/04/2005 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de l'UE auront mardi prochain, lors du Conseil Ecofin à Luxembourg, un échange de vues sur les différentes options du financement de l'aide au développement, et pourraient demander à la Commission européenne d'effectuer des études plus approfondies à ce sujet, notamment sur la taxation des compagnies aériennes. La Commission, qui a évalué plusieurs formes de financement parmi lesquelles une taxation des transactions financières ou des ventes d'armes, opterait « fortement » pour une double taxation du kérosène et des billets d'avion, indique un représentant de l'Association européenne des compagnies aériennes (AEA). Selon l'AEA, un document de travail conjoint des Commissaires Almunia, Michel et Kovacs (affaires économiques et monétaires, développement, fiscalité) préciserait que 10 euros pourraient être prélevés sur les billets d'avion de toutes les compagnies aériennes pour un aller simple au sein de l'UE. Ce prélèvement serait de 30 euros pour un vol extra communautaire. A ce stade, la taxation du kérosène ne serait en revanche envisagée que pour les vols intra-communautaires et s'élèverait à 350 euros par tonne.
« Nous considérons que ces suggestions sont incompatibles avec l'objectif exprimé de promouvoir la compétitivité de l'industrie européenne », déclare dans un communiqué Ulrich Schulte-Strathaus, secrétaire général de l'AEA, qui estime que « cette taxation est destinée à rendre plus chers les vols avec des compagnies européennes ».
Une porte-parole de la Commission rappelle qu'aucune décision ne sera prise à l'issue du Conseil Ecofin et que le sujet sera à nouveau discuté lors de l'Ecofin informel des 14 et 15 mai. Une telle taxation est défendue par la France et l'Allemagne, mais aussi par le Royaume-Uni (dans le cadre de sa Présidence du G8) ou le Luxembourg, dont le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, a déjà indiqué qu'elle a « plus de chance d'aboutir qu'une taxe sur les mouvements financiers » (EUROPE n° 8891). Au sein de l'UE, les pays périphériques ne voient en revanche pas d'un bon œil cette éventualité, qui pèserait aussi sur leur développement touristique. Ainsi, la Grèce « exprimera (mardi) son opposition » à cette mesure, a confirmé un diplomate, qui précise: « Nous sommes d'accord pour trouver des financements alternatifs à l'aide au développement, mais pas la taxation du kérosène ». La Grèce devrait recevoir le soutien « d'autres pays d'Europe du Sud », ajoute le diplomate.