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Bulletin Quotidien Europe N° 8717
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/developpement

Les ministres du Développement sont résolus à accroître le niveau et l'efficacité de l'aide au développement de l'UE - Vives préoccupations pour le Darfour et accueil favorable au recours à la facilité de maintien de la paix en Afrique pour le Soudan

Bruxelles, 02/06/2004 (Agence Europe) - Les ministres du Développement de l'Union, réunis mardi à Dublin en Conseil informel, ont confirmé leur volonté de redoubler d'efforts pour accroître en volume et en qualité l'aide au développement de l'UE afin d'en améliorer l'efficacité (voir EUROPE du 28 mai, p.12). L'objectif étant que l'UE se donne les moyens de ses ambitions, à savoir se rapprocher d'un niveau d'aide proche du 0,7% du PNB ainsi que le recommandent les Nations unies, et contribuer de manière significative à réduire de moitié la pauvreté dans le monde, d'ici à 2015, conformément aux objectifs de développement du Millénaire. Mais c'est la situation humanitaire dramatique au Darfour (Soudan) qui a le plus mobilisé les ministres. Ils se sont dit déterminés à adresser un message fort à la conférence d'alerte des donateurs pour le Soudan, convoquée ce jeudi 3 juin à Genève par l'ONU et à laquelle prendra part Tom Kitt, le ministre irlandais qui a présidé les débats. Tous ont exprimé de vives préoccupations pour le rôle joué par le gouvernement dans l'insécurité qui entrave la livraison d'aide humanitaire pourtant vitale, et souligné la nécessité d'agir d'urgence pour obtenir rapidement des progrès. La demande formelle de l'Union africaine ayant été reçue par la Commission européenne en vue de puiser pour la première fois, en faveur du Soudan, dans la Facilité pour la paix en Afrique (voir EUROPE du 29 mai, p. 5), les ministres s'y sont dits tout à fait favorables, tandis que le Comité politique et de sécurité au Conseil (Cops) donnait, le même jour, son aval politique à cette idée. La proposition a été envoyée ce mercredi au Comité Fed (Fonds européen de développement) par la Commission européenne, dans l'espoir d'obtenir une réponse dès le 9 juin. Bien que la Facilité pour la paix en Afrique doive assurer une part substantielle des fonds requis, certains Etats membres (Royaume-Uni, Irlande, Danemark) se sont déclarés prêts à apporter leur propre contribution financière.

Invité par le Président Tom Kitt à se joindre au déjeuner de la session, Bono, la pop star irlandaise du groupe U2 également connue pour son engagement en faveur de l'Afrique, a interpellé les ministres européens sur leur manque d'empressement à tenir leurs promesses, le Danemark, la Suède, le Luxembourg et les Pays-Bas étant, à ce jour, les seuls à avoir déjà atteint le 0.7%. «Les pays scandinaves sont champions, mais certains traînent les pieds et je compte bien obtenir qu'ils mettent la main au portefeuille, a déclaré Bono à la presse.

Message reçu cinq sur cinq. Tom Kitt, ravi de la publicité faite au débat grâce à la présence de la star, n'a pas manqué toutefois de rappeler, à l'issue de la session, que l'UE et ses vingt-cinq Etats membres fournissaient à eux seuls 55% de l'assistance au développement au niveau mondial, ce qui ne l'empêche pas de vouloir faire mieux. « Nous avons eu une réunion très utile sur un certain nombre de questions d'actualité dans le débat international sur le développement global. Avec une population de 450 millions d'habitants, l'Union élargie est désormais plus que jamais en mesure de faire vraiment la différence dans la vie des populations pauvres dans le monde en développement. Pour cela, nous devons faire un usage efficace de notre aide et mettre en oeuvre des politiques cohérentes qui contribueront à la réduction de la pauvreté », a déclaré le Président.

Au cours du débat sur l'efficacité de l'aide, les ministres ont souligné l'importance qu'ils attachent à ce que le Commissaire chargé du développement au sein de la future Commission européenne puisse parler d'une voix forte. Voilà qui n'était pas pour déplaire à Poul Nielson, actuel Commissaire au Développement et à l'aide humanitaire, nettement favorable à ce que son successeur puisse au moins bénéficier d'une compétence couvrant tout le cycle de programmation de l'aide (stratégie, programmation et mise en œuvre). Pour le reste, M. Nielson ne s'est pas prononcé sur les différentes options (notamment la couverture géographique des pays en développement), encore tout à fait ouvertes au sein de la Commission européenne.

Les ministres ont par ailleurs débattu brièvement des relations entre politique de développement et politique étrangère et de sécurité pour souligner deux choses: tout doit être fait pour favoriser les synergies entre ces deux politiques au bénéfice de la lutte contre la pauvreté, mais la politique de développement ne doit en aucun cas être subordonnée à la PESD. Elle doit au contraire demeurer un domaine politique séparé, comme le prévoit la dernière mouture du projet de Constitution européenne.

A l'occasion d'un bref échange de vues sur les perspectives financières de l'Union et ses implications pour l'aide au développement, le Commissaire Nielson, désireux de relancer la discussion en panne sur la budgétisation du Fonds européen de développement (l'Espagne et le Royaume-Uni s'y opposent toujours), a remis aux ministres un document de réflexion comportant plusieurs scénarios sur la base de projections chiffrées fidèles aux contributions actuelles des Etats membres au Fed (hypothèse d'un dixième Fed) ou à la clé de contribution des Etats membres au budget communautaire en cours (hypothèse de la budgétisation).

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