Bruxelles, 30/04/2004 (Agence Europe) - La conférence organisée mardi par l'IERI sur le thème "Constitution et conjoncture internationale" a connu des prises de position très vives des orateurs et aussi du public. Le président de l'Assemblée de l'UEO, Armand De Decker, a estimé que "nous sommes dans une véritable guerre contre les forces obscurantistes qui alimentent le terrorisme", et que la réponse des Etats-Unis à cette menace, en attaquant l'Irak, a été "exactement le contraire de ce qu'il fallait faire" et a provoqué "un désastre universel". Au lieu d'attaquer le terrorisme, les Américains ont attaqué un pays qui en était exempt. "Tout a empiré", en Irak, en Iran, en Jordanie et dans tous les pays musulmans modérés. En Europe, "nous sommes tous dans un état d'impréparation qui donne l'impression que la volonté de répondre au défi n'existe pas, comme si on était convaincus que tout peut se régler par la négociation". L'Europe doit "disposer des outils qui peuvent rendre sa diplomatie crédible", mais elle en est lointaine. L'Alliance atlantique demeure indispensable mais elle doit être réformée, et M. De Decker a lancé l'idée de l'élargir à toutes les démocraties (Russie, Japon, Australie, etc.) afin de "s'opposer à ceux qui veulent nous détruire.
De son côté, le parlementaire européen Jean-Maurice Dehousse (socialiste belge) a affirmé que: a) la conjoncture internationale est désastreuse, jamais on n'a été aussi près d'une conflagration mondiale; b) l'élargissement de l'UE est "la concrétisation d'une grande espérance", mais on le paye très cher, par "la fin de la vraie Communauté européenne"; c) les élections européennes sont en principe positives, mais "combien de citoyens vont-ils y participer"? De toute manière, l'impact sur les grands problèmes du monde sera nul ; d) La bataille sur la "Constitution", c'est le fait le moins important, car ce n'est qu'un Traité de plus, pas une véritable Constitution, et il naîtra, s'il naît, avec la "guillotine britannique" sur sa ratification.