Bruxelles, 30/04/2004 (Agence Europe) - Lors d'une conférence à la Fondation Konrad Adenauer, le 27 avril à Bruxelles, le Commissaire européen aux relations extérieures Chris Patten a livré dix recommandations au successeur de Romano Prodi. En rappelant qu'il avait annoncé dès le début qu'il n'entendait exercer qu'un seul mandat à la Commission (il est gouverneur de l'université à Oxford), M.Patten a noté: "je pense que, à la Commission, j'ai eu le boulot le plus intéressant, bien que, certainement, pas le plus important". Selon le dernier gouverneur de Hong-Kong, qui a été entre autres ministre conservateur de l'Environnement et chargé de la pacification en Irlande du Nord (et qui a dit en passant que Javier Solana est devenu pour lui "un véritable ami"), l'UE, au cours des dernières années, a été en quelque sorte victime de son succès. Et la Commission européenne a, paradoxalement, souffert d'une sorte de "déprime", malgré quelques considérables avancées. Le vrai problème, selon lui, est qu'un certain nombre "d'Etats membres clés n'ont plus une idée claire de ce qu'ils veulent de l'UE" (il cite le sien, qui « continue à avoir une vision semi-détachée de l'UE »). Quant à la suggestion de créer des groupes de "pays pionniers" en Europe, il avertit: il peut être désirable d'avoir des arrangements flexibles, mais "la flexibilité exige des institutions plus fortes, pas plus faibles".
M. Patten offre dix recommandations au successeur de Romano Prodi: - se concentrer sur la substance, sans "avoir peur si les autres ont aussi des idées"; - "suivre le mouvement du débat institutionnel", en y participant activement mais sans dépasser "agressivement" les compétences limitées de la Commission (exemple: sécurité et armements); - exploiter la méthode communautaire là où elle existe, mais en acceptant d'agir "dans un cadre politique établi par les Etats membres" (le Conseil européen essaye d'imprimer "une plus grande direction stratégique à l'Union", et si la légitimité de l'Union en sort renforcée, toutes les institutions seront plus fortes); - être ouvert à de nouvelles méthodes de travail (en résistant, par exemple, à la tentation de mesurer le succès en termes de règlements adoptés); - développer l'initiative "mieux réglementer" lancée en 2002; - se concentrer sur une bonne gestion économique: par exemple, meilleur lien entre les règles pour les finances publiques et les Grandes orientations de politique économique (comme annoncé par les Commissaires Solbes, puis Almunia: NDLR); - mettre davantage l'accent sur le suivi et la mise en oeuvre de la législation;- accepter de faire marche arrière sur les "politiques qui ne fonctionnent pas";- réussir l'organisation interne de la Commission, notamment par d'authentiques "clusters" de Commissaires ; - être capable de démontrer à l'opinion publique que ce que fait l'Union change la vie de gens.