Bruxelles, 27/05/2003 (Agence Europe) - La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) exhorte les Etats membres de l'UE à traiter de la violation des droits de l'homme en Tchétchénie, lors du Sommet UE/Russie du 31 mai. Dans une lettre ouverte envoyée lundi aux ministres des Affaires étrangères de l'UE, l'association dénonce non seulement la politique menée en Tchétchénie par le gouvernement russe mais également le silence de la communauté internationale sur la situation.
La FIDH estime que les Etats membres de l'UE doivent adopter une position ferme à l'égard de cette question, "soigneusement occultée par le pouvoir russe", et participer au règlement politique du conflit. Faisant état des violences qui perdurent sur le terrain (disparitions forcées, arrestations arbitraires, tortures commises par les forces russes, attentats suicides), l'association pense que "les Etats membres de l'Union européenne ne peuvent continuer d'être dupes du discours des autorités russes sur la « normalisation » qui n'est autre qu'une mascarade". La FIDH remet en cause la tenue du récent référendum en Tchétchénie, qui "a été truqué", ainsi que le projet de loi d'amnistie du président Vladimir Poutine. "Le texte prévoit une amnistie pour les combattants tchétchènes et les forces russes ayant commis des crimes en Tchétchénie entre le 12 décembre 1993 et le 1er août 2003 à l'exception notamment des actes suivants: meurtres, prises d'otages, terrorisme, vols d'armes, sabotage, attentats contre des militaires ou des représentants des forces de l'ordre. Autant de crimes dont sont en général accusés ceux qui luttent contre les forces russes, lesquels seront ainsi de fait exclus de ce processus d'amnistie. En revanche, les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de génocide dont sont majoritairement responsables les forces russes ne figurent pas dans la catégorie des crimes amnistiables", explique la FIDH. Pour l'association, la stratégie des autorités russes est d'éliminer ceux qui résistent à l'occupation militaire. L'UE ne peut pas se laisser "dicter sa conduite" par les autorités russes d'autant plus que celles-ci "se sont engagées à respecter les droits de l'homme et le droit humanitaire" dans le cadre du partenariat UE/Russie, ajoute-t-elle. "La communauté internationale, qui persiste dans un soutien de plus en plus affiché à la politique «anti-terroriste» des autorités russes, porte une lourde responsabilité dans l'enlisement de ce conflit et la poursuite des violations des droits de l'Homme", conclut la FIDH.