Bruxelles, 27/05/2003 (Agence Europe) - Les représentants des Etats membres au sein du Comité économique et financier (CEF) de l'Union européenne, qui se sont retrouvés vendredi à Grenade (Espagne), se sont montrés quelque peu partagés sur les « recommandations » à adresser à la France dans le cadre de la procédure pour déficit excessif. Ces recommandations seront discutées lundi soir au cours de la réunion de l'Eurogroupe et devront être adoptées le lendemain par le Conseil Ecofin. Le débat portera sur la nécessité de fixer à la France une obligation de résultat dès cette année sur la baisse de son déficit structurel (calculé hors aléas de la conjoncture).
Lors de la réunion du CEF, l'Espagne et les Pays-Bas notamment ont souhaité que des efforts concrets et chiffrés soient exigés du gouvernement français dès 2003. Les représentants de ces deux Etats membres ont souhaité que la France prenne des mesures correspondant à une diminution de son déficit structurel 2003 de 0,5% du Produit intérieur brut (PIB). Plaidant le « réalisme », la France a fait savoir qu'il ne lui serait possible de parvenir qu'à une baisse de 0,1% tandis que plusieurs autres pays, parmi lesquels l'Allemagne, se seraient prononcés en faveur d'un objectif intermédiaire de 0,3%. L'absence de consensus sur le projet de recommandations élaboré par la Commission devrait obliger l'Eurogroupe à rechercher une solution de compromis, qui sera ensuite soumise pour approbation à l'Ecofin.
Dans le projet de recommandations qu'elle a adopté le 7 mai, la Commission européenne ne fixe pas d'objectif chiffré à la France pour cette année, tout en lui demandant « d'améliorer dès 2003 le déficit corrigé des influences conjoncturelles dans une mesure supérieure à ses projets actuels ». Elle réclame en revanche une baisse en 2004 de son déficit structurel de 0,5% du PIB « ou plus si nécessaire » afin de ramener impérativement le déficit nominal sous la barre des 3% inscrite dans le pacte de stabilité.