Bruxelles, 27/05/2003 (Agence Europe) - Avec des propos rassurants sur l'inflation et en invoquant la faiblesse de l'activité économique dans la zone euro, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Lucas Papademos, a ouvert la porte, mardi, à une prochaine baisse des taux d'intérêt, peut-être même dès le 5 juin lors de la prochaine réunion de la BCE. Plusieurs gouverneurs de banques centrales nationales de la zone euro ont laissé entrevoir ces derniers jours ce scénario, en particulier le Néerlandais Nout Wellink, l'Espagnol Jaime Caruana, l'Allemand Ernst Welteke ou encore le Luxembourgeois Yves Mersch. Certains membres du directoire de la BCE à Francfort, en particulier son chef économiste Otmar Issing et, dans une moindre mesure, le président Wim Duisenberg ont paru un temps plus réticents mais semblent s'être rangés à l'avis de leurs collègues.
Le rythme de progression des prix suivra une « pente descendante » en 2004, a estimé M. Papademos à Francfort. « Nous nous attendons à ce que l'inflation tombe clairement sous 2% l'année prochaine et à ce qu'elle se stabilise à ce niveau-là », a-t-il déclaré. Il a reconnu que la déflation était «plus indésirable qu'un taux d'inflation au-dessus de 2%». Mais, selon lui, un tel danger est «très faible» dans la zone euro dans son ensemble et dans chaque Etat membre en particulier (une allusion directe à l'Allemagne, où les récentes statistiques sur les prix inquiètent les économistes). Le vice-président de la BCE a brossé parallèlement un tableau mitigé des perspectives de croissance qui ne devrait gagner en vigueur qu'en 2004. Pour cette année, les perspectives restent très faibles pour le premier semestre et la reprise devrait être modérée durant les six derniers mois de l'année, souligne M. Papademos. Pour autant, la BCE n'a pas l'intention de réviser ses prévisions de croissance pour 2003, a-t-il indiqué. « L'évolution récente pourrait suggérer que la croissance serait en fait très inférieure à 1% », a commenté M. Papademos.