Bruxelles, 04/02/2003 (Agence Europe) - Au cours de la première étape sa tournée au Proche et au Moyen-Orient (voir EUROPE du 1er février, p. 8), le Commissaire européen Chris Patten a rappelé aux autorités iraniennes la nécessité de progresser en matière de respect des droits de l'homme, de non prolifération des armes de destruction massive et de lutte contre le terrorisme si elles souhaitent aboutir à la conclusion d'un accord de commerce et de coopération avec l'UE.
Les discussions en vue d'un accord de commerce et de coopération, dont le Commissaire doit lancer le deuxième "round" ce mercredi, "sont liées à des discussions en cours sur d'autres sujets et en particulier le dialogue politique", a-t-il déclaré à la presse lundi, à Téhéran, précisant que le dialogue engagé avec l'Iran en décembre dernier "ne consiste pas seulement à s'asseoir et à parler, (et que) nous attendons des progrès dans certains domaines". L'UE attend en particulier des Iraniens qu'ils reconnaissent l'Etat d'Israël, signent et appliquent les traités internationaux de non prolifération, appliquent la résolution 1373 des Nations unies contre le financement du terrorisme et respectent les droits de l'homme. Lors de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères Khamal Kharrazi et avec le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Mahmoud Hachémi Chahroudi, Chris Patten a exprimé son "inquiétude sur la liberté de la presse, certains procès, la torture" et évoqué un libre accès aux rapporteurs de la Commission des Nations unies sur les droits de l'homme. Il a aussi évoqué "la peine de mort, les peines de substitution, en particulier la lapidation des femmes, le rôle de la femme et la perspective que l'Iran signe la convention contre la discrimination des femmes". "J'ai fait valoir que si les autorités judiciaires iraniennes pensent que la presse occidentale leur fait un mauvais procès, une manière simple d'y remédier, c'est de permettre davantage d'inspections des Nations unies et de signer davantage de conventions", a-t-il ajouté. S'agissant du dossier irakien, le Commissaire européen a dit espérer "que l'Iran exercera toute la pression possible - et il l'a déjà fait - pour forcer Saddam Hussein à se conformer aux résolutions des Nations unies".