Bruxelles, 16/07/2002 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé vendredi que les perspectives de croissance économique dans la zone euro s'étaient quelque peu dégradées, tandis que les incertitudes tendraient à augmenter dans ces pays européens. Il a aussi souligné aussi que la hausse de l'euro était à double tranchant et a rappelé les engagements budgétaires des Etats membres.
Dans son dernier rapport, le FMI, qui vient d'effectuer des missions dans la zone euro, écrit que « de manière générale, à moins d'une reprise mondiale plus forte, les récents développements suggèrent que la croissance en 2002 pourrait être un peu plus faible que prévu » (une croissance de 1,4% en 2002 et 2,9% en 2003). Parmi ces développements figurent les indications montrant que la reprise a connu un « démarrage mou » et le fait que les marchés d'actions sont brutalement devenus vendeurs, ce qui a gêné la croissance de la demande intérieure.
Aux yeux du FMI, l'appréciation de la monnaie unique européenne a un effet à double tranchant sur la reprise, positif à court terme car elle réduit le prix des importations, mais moins favorable à plus long terme car elle rend les produits plus chers à l'exportation. Selon le FMI, la hausse actuelle de l'euro « reflète davantage un mouvement de défiance vis-à-vis du billet vert qu'un mouvement en faveur de la monnaie unique européenne ». Pour ce qui est de la politique monétaire, le fonds estime qu'étant donné que l'inflation devrait maintenant s'inscrire tout juste sous les 2% en 2003, la Banque centrale européenne (BCE) dispose d'une marge de manœuvre avant de relever ses taux d'intérêt. L'appréciation de l'euro allégera notamment la pression sur les prix en diminuant le coût des importations américaines et la facture en énergie et en matières premières, explique le FMI.
Pour ce qui est de la politique budgétaire, le FMI a encouragé les trois principales puissances économiques de la zone euro, l'Allemagne, la France et l'Italie, à respecter leurs engagements pour approcher de l'équilibre budgétaire, voire afficher un excédent, d'ici 2004. Mais le FMI a aussi conseillé à ces pays de faire preuve de souplesse en matière budgétaire, étant donné que c'est la situation économique qui commande, pour ne pas asphyxier la reprise économique naissante. S'agissant des réformes structurelles, le FMI estime que des réformes du marché du travail pour réduire le chômage « demeurent une priorité majeure ».