Londres, 28/06/2002 (Agence Europe) - Le ministre britannique pour l'Europe, Peter Hain, a affirmé dans un discours prononcé le 25 juin à la Law Society que, après les réformes du Conseil de l'UE convenues à Séville, "le prochain stade doit consister à trouver des alternatives à l'effet frein-démarrage de la rotation semestrielle entre Etats membres exerçant la présidence du Conseil". Ce système a empêché de développer un agenda stratégique et "une relation adulte avec la Commission et le Parlement", estime-t-il, en rappelant: "Nous avons suggéré des présidents de nationalité différente pour chaque Conseil, pendant une période plus longue - par exemple deux ans et demi (ce qui est la moitié du mandat de la Commission et du Parlement) en travaillant ensemble comme équipe, en se rencontrant régulièrement pour mettre en oeuvre l'agenda stratégique du Conseil européen". Peter Hain a ajouté: "Selon nous, ce serait utile que cette équipe soit conduite par un Président du Conseil européen plus permanent, à temps plein. Une personnalité majeure, peut-être un chef de gouvernement récemment à la retraite. Quelqu'un que les citoyens identifieraient comme la force qui fait avancer l'agenda européen. Quelqu'un que Bush appellerait au téléphone, leur légitimité consistant dans le fait qu'ils sont responsables face aux chefs de gouvernement élus". Quant à la Commission, M. Hain estime qu'il faudrait renforcer son rôle d'"initiation et mise en oeuvre des mesures législatives et autres nécessaires pour concrétiser le programme que fixera le Conseil européen. Ceci signifie qu'il faut vérifier si, après l'élargissement, nous aurons à la Commission trop de cuisiniers qui préparent la soupe. Chaque pays devrait continuer à avoir un Commissaire, mais cela n'a pas de sens que de créer un nouveau boulot pour chacun chaque fois qu'un nouveau pays adhère. Nous devons aussi vérifier comment la Commission traite la législation, si elle consulte suffisamment et efficacement, et si elle dispose de l'expertise et des ressources pour surveiller la mise en oeuvre". Le Parlement européen doit être "un colégislateur fort et responsable afin d'assurer un équilibre avec les gouvernements. Et il faut renforcer son rôle d'insistance à laquelle la Commission rend des comptes", affirme M. Hain, pour qui "nous devons trouver un nouveau rôle collectif pour les parlements nationaux dans le processus décisionnel de l'UE. Il pourrait se concentrer sur la ligne de partage entre les actions qui devraient être entreprises au niveau de l'UE et au niveau national, même si nous ne voulons pas ajouter une nouvelle grosse institution bureaucratique: un organe ad hoc pourrait suffire ». Et il conclut: "comme la plupart des Britanniques, je ne suis ni un europhile ni un eurosceptique, je suis un Européen pratique".