Bruxelles, 28/06/2002 (Agence Europe) - Le ministre danois Per Stig Moeller, qui préside à partir du 1er juillet le Conseil de l'UE, a indiqué vendredi devant la presse à Bruxelles, en répondant à des questions, qu'il exposera le 3 juillet au Secrétaire d'Etat Colin Powell ses idées sur la possibilité de convoquer une conférence de paix sur le Proche-Orient. La conférence n'aura probablement pas lieu en juillet, mais comme futur président du Conseil je dois rechercher toutes les possibilités, et j'ai été en contact avec d'autres ministres, a-t-il dit en répondant à une question. Le Conseil Affaires générales du 22 juillet abordera cette question, a-t-il annoncé. A une question sur Yasser Arafat, M. Moeller a simplement répondu: celui qui sera élu par les Palestiniens sera celui avec qui nous négocierons.
M. Moeller a présenté à la presse le programme de la Présidence danoise pour le prochain semestre (nous reviendrons de manière détaillée sur le calendrier) qui porte le slogan "Une seule Europe", slogan qui illustre bien la priorité que cette présidence attribue à l'élargissement, mais sans négliger d'autres priorités, comme l'espace de justice, liberté et sécurité, une croissance économique compatible avec la protection de l'environnement, une "politique alimentaire pour le long terme" et le rôle de l'UE dans le monde. La partie du programme consacrée à la défense a été écrite par la Grèce, a précisé le ministre (conséquence de l'opt out danois). Dans la ligne de ce qu'a affirmé le Premier ministre Rasmussen (voir EUROPE d'hier, p.5), M.Moeller a répété qu'il faut achever les négociations d'adhésion au sommet de Copenhague, et que l'UE doit présenter les dernières positions communes aux candidats début novembre. "Nous ne pouvons pas reporter cette échéance", a-t-il confirmé. Et il a dit espérer régler tous les chapitres "non budgétaires" aussi rapidement que possible, "de préférence en juillet, sinon en septembre". A un journaliste qui notait que le ministre polonais des Affaires étrangères venait de dire que "le train ne doit pas forcément partir à 19h10, mais peut démarrer à 19h30, si les conditions pour la Pologne sont meilleures", M. Moeller a lancé: j'ai vu votre ministre hier, et son message hier était que "c'était très important qu'on finalise les négociations à Copenhague". Et il a martelé: nous ne pourrons pas régler trois mois plus tard ce que nous n'aurons pas pu régler à Copenhague, nous devons "saisir ce moment historique", sinon il va disparaître. Et si la Pologne est prête à attendre mars, peut-être un autre candidat dira "pourquoi pas juillet", pour avoir "un meilleur accord", mais si on rate cette "fenêtre d'opportunité", il n'y aura "peut-être pas de "deal" du tout", a-t-il averti. Interrogé sur la Turquie, M. Moeller a constaté qu'elle est un pays candidat, et qu'on fera "un effort constructif" à son égard, mais qu'on ne peut pas accepter un pays qui ne remplit pas les critères de Copenhague. L'attitude de la présidence à l'égard d'Ankara dépendra-t-elle du problème de Chypre? Je pense que nous devons "rester à l'écart" et laisser l'ONU jouer son rôle, a répondu M.Moeller à cette question.
En outre, interpellé sur la réputation de "pays xénophobe" attribuée au Danemark depuis les dernières élections, M.Moeller a répondu: "c'est un peu exagéré, nous avons adopté un certain nombre de mesures restrictives qui correspondent à ce que font d'autres pays et à ce qui a été décidé à Séville".